La situation hydrique du Maroc poursuit son redressement à un rythme soutenu, portée par des précipitations bénéfiques enregistrées sur plusieurs bassins versants du Royaume. Cette embellie se reflète clairement dans l’évolution des réserves des barrages, qui se renforcent jour après jour.
À l’échelle nationale, le volume total stocké dans l’ensemble des barrages est passé de 7.586 millions de mètres cubes le 8 janvier à 7.715 millions de mètres cubes le 12 janvier, soit un gain de 129 millions de mètres cubes en seulement quatre jours. Cette progression a permis au taux de remplissage global de s’améliorer, passant de 45,2% à 46%, confirmant une tendance positive, bien que toujours fragile.
Dans un contexte encore marqué par les séquelles d’un cycle de 7 ans de sécheresse sévère, cette dynamique nourrit un optimisme mesuré, tant pour la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable que pour les besoins agricoles et industriels.
L’analyse par grand barrage met en évidence une évolution globalement favorable pour plusieurs infrastructures stratégiques. Le barrage Al Wahda, plus grand réservoir du pays, a vu son taux de remplissage progresser de 57% à 58%, avec un gain de plus de 44 millions de m3 en volume stocké.
Le barrage Idriss Ier a également enregistré une amélioration appréciable, son taux passant de 43% à 45%, traduisant un apport significatif lié aux dernières précipitations.
Certains barrages affichent, pour leur part, une stabilité à des niveaux particulièrement élevés. Sidi Mohamed Ben Abdellah se maintient autour de 99% de remplissage, tandis qu’Oued El Makhazine demeure à 100%, assurant une sécurité d’approvisionnement optimale pour les régions concernées.

D’autres ouvrages ont connu une progression notable sur cette courte période. C’est le cas de Bin El Ouidane, passé de 23% à 25%, d’Ahmed El Hanssali, en hausse de 39% à 41%, ainsi que de Dar Khrofa, dont le taux est passé de 23% à 24%.
En revanche, la situation demeure contrastée pour certains barrages stratégiques. Al Massira, pilier du bassin de l’Oum Er-Rbia, stagne à un niveau critique de 8%, tandis que Manssour Dahbi est le seul ouvrage à enregistrer un léger recul, son taux passant de 34% à 32%, illustrant la variabilité spatiale des précipitations.
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Cette amélioration, bien que modeste à l’échelle nationale, constitue un signal encourageant pour la campagne agricole en cours ainsi que pour les réserves en eau potable. Elle souligne également l’impact immédiat et tangible des précipitations récentes sur le niveau des barrages.
Toutefois, cette embellie ne saurait masquer la fragilité persistante de la situation hydrique, marquée par de fortes disparités régionales. Le faible niveau de remplissage de barrages clés, à l’image d’Al Massira, appelle à une vigilance accrue dans la gestion de la ressource.

Les autorités sont ainsi appelées à maintenir une politique rigoureuse de rationalisation de la consommation d’eau, notamment dans les secteurs les plus gourmands, tout en poursuivant les efforts de lutte contre les pertes dans les réseaux de distribution.
Parallèlement, le développement des ressources hydriques non conventionnelles, telles que le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées, demeure un levier stratégique essentiel pour renforcer la résilience du pays face aux aléas climatiques.
Barrage Mohammed V. (M. Chellay/Le360)
En définitive, si les quatre premiers jours de la seconde semaine de janvier 2026 ont apporté une bouffée d’oxygène bienvenue aux barrages marocains, la gestion de l’eau reste un enjeu vital et stratégique. L’amélioration observée doit s’inscrire dans une vision durable, fondée sur l’anticipation, l’économie de la ressource et l’adaptation aux changements climatiques.















