Artisanat marocain: 36 millions de dirhams pour accélérer la transformation digitale du secteur

Lahcen Saâdi, secrétaire d'État chargé de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, Amine Mezouaghi directeur général de l’Agence de développement du digital (ADD) et Mohamed Kadouri, premier vice-président de la Fédération des chambres de l’artisanat. (Y.Mannan/Le360)

Le 26/02/2026 à 11h20

VidéoUn nouveau cap vient d’être franchi pour l’artisanat marocain. Plusieurs conventions ont été signées mardi afin d’accélérer la numérisation des services, renforcer la structuration des Chambres régionales et soutenir la promotion internationale des produits artisanaux.

Le secteur de l’artisanat s’engage résolument sur la voie de la modernisation. L’ensemble des Chambres de l’artisanat au Maroc bénéficiera d’un vaste plan de numérisation de leurs services, pour un investissement global de 36 millions de dirhams. Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un contrat-programme couvrant l’ensemble du secteur.

Ce chantier digital a fait l’objet d’une convention signée mardi entre le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, les Chambres de l’artisanat, leur Fédération ainsi que l’Agence de développement du digital. L’objectif est clair: doter le secteur d’un ensemble de services numériques structurants.

Selon un communiqué, ce dispositif prévoit notamment la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, l’activation du Registre national de l’artisanat et la digitalisation des Chambres, de leur Fédération ainsi que des différentes structures relevant du secteur. L’enveloppe budgétaire mobilisée, de 36 millions de dirhams, constitue, d’après la même source, un tournant majeur dans le processus de transformation digitale de l’artisanat national.

Placée sous la présidence de Lahcen Saâdi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, de l’Économie sociale et solidaire, la cérémonie a également été marquée par la conclusion d’autres conventions liées à l’application des dispositions de la convention-cadre relative au contrat-programme d’appui et d’accompagnement des Chambres de l’artisanat et de leur Fédération, signée le 13 février 2025.

La rencontre s’est tenue en présence du directeur général de l’Agence de développement du digital, du président-directeur général de la société SMAP EVENTS, des présidentes et présidents des Chambres de l’artisanat et de leur Fédération, ainsi que du directeur général de la Maison de l’artisan.

Un deuxième accord a été conclu avec les principaux acteurs du secteur, notamment la société SMAP EVENTS, afin d’assurer la commercialisation et la promotion des produits de l’artisanat marocain. L’ambition est d’ouvrir de nouvelles perspectives de valorisation, en particulier auprès des visiteurs des salons organisés à l’étranger, notamment pour les Marocains établis en Belgique et en France.

Deux rendez-vous sont d’ores et déjà programmés: à Bruxelles du 27 au 29 mars 2026, puis à Paris du 12 au 14 juin 2026. Ces manifestations devront constituer des vitrines privilégiées du savoir-faire marocain et des opportunités concrètes de développement commercial.

Enfin, un dernier accord porte sur un contrat-programme spécifique pour l’année 2026. Il associe le secrétariat d’État, les 12 Chambres régionales de l’artisanat et la Maison de l’artisan. Ce dispositif prévoit «le financement et la mise en œuvre d’un programme de travail articulé autour notamment de la structuration et l’encadrement des artisans au sein d’organisations professionnelles ainsi que le soutien à la commercialisation et à la formation professionnelle».

Pour rappel, la convention-cadre précitée vise principalement «à renforcer le rôle des Chambres de l’artisanat et de leur Fédération», en tant que partenaires clés dans l’exécution «des programmes de développement du secteur de l’artisanat».

Au-delà des signatures et des montants annoncés, c’est une architecture nouvelle qui se dessine: celle d’un artisanat mieux structuré, mieux accompagné et désormais arrimé aux outils numériques. Une mutation attendue, appelée à transformer en profondeur un secteur où tradition et modernité ne s’opposent plus, mais avancent désormais de concert.

À l’heure où la compétitivité passe par la maîtrise des outils digitaux et l’accès élargi aux marchés internationaux, l’artisanat marocain semble avoir choisi d’anticiper plutôt que de subir. Reste désormais à traduire ces engagements en résultats tangibles pour les artisans, véritables dépositaires d’un patrimoine vivant que le numérique entend propulser vers l’avenir.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 26/02/2026 à 11h20