Après les MRE, les textiliens s’offusquent à leur tour des propos de Ryad Mezzour

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce.

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce. . Khalil Essalak / Le360

Le 12/03/2026 à 12h20

VidéoLa polémique suscitée par les propos du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, lors d’une rencontre organisée par l’Association des alumni centraliens et Supélec du Maroc, continue d’enfler. Après des déclarations jugées brutales à l’égard des Marocains résidant à l’étranger (MRE), c’est désormais le secteur du textile qui monte au créneau pour dénoncer des propos perçus comme en décalage avec le poids économique et social de cette branche industrielle.

Dans un communiqué, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) exprime sa «profonde incompréhension» après les déclarations du ministre affirmant que l’industrie textile marocaine n’existerait plus réellement dans le débat de la politique industrielle. Une affirmation que les professionnels jugent en décalage avec la réalité économique et industrielle du pays.

«Un secteur qui fait vivre plus de 230.000 familles marocaines ne peut pas disparaître du débat industriel», souligne l’association, rappelant que l’industrie textile demeure l’un des plus grands employeurs industriels du Maroc.

Au-delà de son poids social, le secteur constitue également un pilier important des exportations manufacturières du pays. Depuis plusieurs décennies, il est solidement intégré dans les chaînes de valeur internationales, notamment avec les marchés européens, contribuant à la présence industrielle du Maroc dans le commerce mondial.

Les professionnels rappellent également que, dans un environnement mondial marqué par une concurrence particulièrement intense, les industriels marocains continuent de défendre la position du pays face à des plateformes comme le Bangladesh, le Vietnam ou encore l’Égypte, qui bénéficient souvent de coûts énergétiques plus faibles et de politiques industrielles offensives.

Dans ce contexte, les professionnels s’étonnent que le secteur puisse être présenté comme absent du débat sur la politique industrielle. Pour eux, l’industrie textile reste l’un des piliers historiques de l’industrialisation du Maroc et continue de porter une part importante de l’emploi industriel.

Les industriels rappellent également que la compétitivité du secteur repose sur plusieurs facteurs structurants - coûts énergétiques, logistique, cadre réglementaire et environnement des affaires - qui nécessitent aujourd’hui un débat ouvert et constructif afin de consolider la position industrielle du Maroc dans un environnement international de plus en plus exigeant.

«On ne peut pas affirmer qu’un secteur n’existe plus quand il fait vivre plus de 230.000 familles marocaines», insistent les professionnels. «Le textile marocain n’est pas un secteur du passé: il reste un acteur central de l’industrie et de l’export du pays.»

Pour l’AMITH, la question dépasse désormais la polémique. «Si le textile disparaît du débat industriel, la question n’est pas son importance, mais la place que la stratégie industrielle lui accorde aujourd’hui», concluent les industriels.

Et de prévenir: «Si un secteur qui porte plus de 230.000 emplois n’a plus sa place dans le débat industriel, alors c’est le débat industriel lui-même qu’il faut aujourd’hui ouvrir.»

Par La Rédaction
Le 12/03/2026 à 12h20