Agadir: une gare routière rénovée à 40 millions de dirhams, des attentes élevées en matière de gestion et de services

La gare routière Agadir Al Massira. (M.Oubarka/Le360)

Le 09/02/2026 à 09h15

VidéoRéhabilitée pour près de 40 millions de dirhams, la gare routière Agadir Al Massira s’apprête à rouvrir ses portes. Si la modernisation des infrastructures est unanimement saluée, les professionnels insistent désormais sur un impératif: hisser la qualité de service, l’organisation et les comportements au niveau des ambitions portées par ce nouvel équipement.

À l’approche de l’ouverture officielle de la gare routière Agadir Al Massira, récemment réhabilitée, les professionnels qui y opèrent appellent à une amélioration de la qualité de service et des comportements. Un enjeu jugé déterminant pour garantir la cohérence entre l’ampleur des investissements engagés et l’expérience réellement offerte aux usagers.

Inscrite dans le cadre des projets structurants de requalification des espaces publics de la ville, la rénovation de la gare vise à doter Agadir d’un équipement moderne, fonctionnel, à la hauteur de son statut de capitale du Souss. Mais pour les acteurs de terrain, la réussite de cette transformation ne peut se limiter à la seule dimension infrastructurelle.

Dans ce contexte, ils soulignent la nécessité d’un accompagnement humain et organisationnel. Selon eux, la modernisation des lieux doit impérativement s’accompagner d’une évolution des pratiques, tant en matière de sécurité que de respect des règles encadrant l’activité au sein de la gare.

S’exprimant à ce sujet, Youssef Toulta, président de l’association Al Moustakbal de la gare routière Agadir Al Massira, insiste sur l’urgence de renforcer les dispositifs de sécurité. Il considère que le déploiement d’agents de sécurité privée s’impose afin de garantir la sécurité des travailleurs et des voyageurs, tout en veillant au strict respect de la réglementation au sein de l’enceinte de la gare.

Au-delà des impératifs de sécurité, le responsable associatif appelle à une prise de conscience collective afin de préserver cet acquis. Il met en garde contre des comportements jugés inappropriés, susceptibles de ternir l’image de la gare et d’entraîner des dégradations matérielles, au risque de fragiliser les efforts consentis au titre de l’investissement public.

Youssef Toulta insiste, par ailleurs, sur le fait que le respect rigoureux des lois et règlements en vigueur constitue un préalable incontournable pour offrir un service à la hauteur des attentes des habitants comme des visiteurs d’Agadir. Il pointe notamment certaines pratiques attribuées à des intermédiaires, qu’il estime préjudiciables à l’image de la ville et contraires à l’éthique professionnelle.

Le président de l’Association Al Moustakbal en appelle ainsi à davantage de discipline et de responsabilité de la part de ces acteurs, afin d’éviter toute situation conflictuelle ou polémique superflue. À ses yeux, la crédibilité de la gare routière rénovée reposera autant sur le comportement des opérateurs que sur la qualité des infrastructures déployées.

Dans cette perspective, il plaide pour une coordination étroite entre l’ensemble des parties prenantes de la gare routière — gestionnaires, administration, autorités locales et élus —, une synergie qu’il juge indispensable pour réussir cette transition qualitative et assurer la pérennité du projet.

Cette montée en gamme s’inscrit dans une dynamique de transformation urbaine plus large que connaît Agadir, portée par une série de chantiers structurants: réhabilitation des voiries, déploiement du busway, rénovation d’équipements socioculturels, création de terrains de proximité, développement d’espaces verts et de piscines de nouvelle génération, sans oublier la valorisation du patrimoine historique.

Pour rappel, la gare routière d’Agadir a bénéficié d’un vaste programme de réhabilitation mobilisant un budget d’environ 40 millions de dirhams. Le projet a notamment permis une réorganisation fonctionnelle des espaces, chaque niveau étant dédié à des usages clairement identifiés.

Ainsi, le premier étage accueille les bureaux et salles de réunion de l’administration, tandis que le rez-de-chaussée est réservé aux guichets de vente des billets, avec un accès direct depuis l’avenue Abderrahim Bouabid, avant l’embarquement vers les quais.

Le dispositif comprend également des escaliers mécaniques, un escalier métallique, ainsi que deux niveaux en sous-sol destinés, l’un, aux commerces de proximité, l’autre, aux restaurants et cafés. Le réaménagement a, par ailleurs, intégré des sanitaires et deux salles de prière distinctes, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes.

Par M'hand Oubarka
Le 09/02/2026 à 09h15