Dès les premières heures de la matinée, les allées de Souk El Had à Agadir s’animent. Les paniers se remplissent, les discussions s’entrecroisent et les odeurs de fruits mûrs, d’épices fraîchement moulues et de pâtisseries traditionnelles enveloppent les visiteurs. Comme chaque Ramadan, ce marché emblématique devient un passage obligé pour des centaines de familles en quête de produits frais, accessibles et adaptés aux traditions culinaires du mois sacré.
Au rayon des légumes, l’offre est jugée globalement satisfaisante. «Les légumes sont disponibles en quantité suffisante, même si nous avons enregistré un léger manque ces derniers jours», déclare Abdelkebir El Korchi, vendeur de légumes. «Les inondations qui ont touché Ksar El Kébir et d’autres régions du nord ont poussé les grossistes de ces zones à s’approvisionner en masse dans le Souss, ce qui a momentanément pesé sur l’offre», explique-t-il.
Selon lui, cette situation a entraîné une hausse modérée des prix, vite corrigée avec le retour à la normale. «Avec l’entrée dans le mois de Ramadan et l’amélioration des conditions dans le nord, les prix ont commencé à baisser et devraient continuer à diminuer progressivement dans les prochains jours», ajoute-t-il.
Un peu plus loin, les étals de fruits attirent une clientèle attentive aux prix comme à la qualité. «Les fruits sont disponibles et les tarifs restent globalement raisonnables, en adéquation avec le pouvoir d’achat des citoyens», confirme Hafid, vendeur de fruits. Seules exceptions notables: le citron et l’avocat, très prisés pendant le Ramadan. «La forte demande fait naturellement grimper leurs prix, mais cette hausse reste temporaire et tend à s’estomper vers la fin du mois», précise-t-il.
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Il souligne par ailleurs une amélioration nette par rapport aux années précédentes. «La stabilité des prix et la bonne disponibilité sont essentielles pour permettre aux familles de passer le Ramadan dans de bonnes conditions, surtout dans un contexte où d’autres produits alimentaires connaissent des augmentations notables», ajoute-t-il.
Près des pâtisseries, l’ambiance change de tonalité. Les vitrines débordent de chebbakias dorées, de briouates soigneusement alignées et de gâteaux traditionnels aux formes variées. «Cette année, nous avons enregistré un engouement plus important que l’an dernier, surtout pour les délices du Ramadan», déclare Akram Bouchahba, pâtissier au sein du marché. «La chebbakia et les différentes variétés de gâteaux marocains restent incontournables sur nos tables. Les prix, eux, varient selon la qualité, la quantité et le type de produit», précise-t-il.
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Enfin, impossible de quitter Souk El Had sans s’attarder devant les échoppes d’épices et de légumineuses, véritables gardiennes de la cuisine marocaine. «Il y a une forte demande pour les épices utilisées dans les plats traditionnels, car aucun mets marocain ne peut s’en passer», explique Saïd El Khadr, vendeur d’épices. «Le sésame, l’anis, la nigelle, la graine de fenouil, les ingrédients du sellou, la graine de lin, la gomme arabique ou encore les herbes aromatiques connaissent un succès notable», énumère-t-il. «Nous observons également un regain d’intérêt pour les légumineuses comme les lentilles, les pois chiches et les haricots secs», conclut-il.
Plus qu’un simple marché à Agadir, Souk El Had est un véritable miroir du quotidien pendant le Ramadan. Au détour des étals, on y découvre bien plus que des produits: c’est un lieu où se rencontrent vie sociale et économie locale.








