C’est un signal fort adressé aux industriels du ciel. Le décret actant la création de l’Académie des métiers de l’aéronautique vient d’être publié au Bulletin officiel. Le texte précise que cet établissement aura pour mission de dispenser des formations dans les domaines de la maintenance, de la réparation et de la modification des aéronefs, ainsi que dans les métiers liés aux activités des compagnies aériennes.
Le texte confie ainsi à l’Académie plusieurs missions. Celle-ci va assurer notamment la formation préalable à l’insertion, visant la préparation et la délivrance de diplômes de formation professionnelle. Elle mettra également en place une formation qualifiante pour l’insertion, destinée à préparer des qualifications spécifiques au profit des entreprises du secteur de la maintenance aéronautique.
L’établissement organisera des cycles de formation en cours d’emploi et de perfectionnement au bénéfice des employés des entreprises du secteur aéronautique. Il pourra également dispenser toute formation en lien avec les métiers de l’aviation au profit des formateurs, techniciens et cadres intermédiaires, notamment dans les domaines des achats, de la qualité, de la logistique, du management, des ressources humaines et du management industriel.
Le texte prévoit en outre la réalisation d’essais en laboratoire, la participation à des travaux d’expertise ainsi que l’assistance technique et le conseil aux entreprises.
Quatre filières de formation
La formation sera organisée en quatre filières. La filière de spécialisation professionnelle sera ouverte aux candidats ayant au minimum le niveau de la sixième année de l’enseignement primaire ou un niveau équivalent. Elle s’étendra sur une durée d’au moins une année et sera sanctionnée par la délivrance d’un diplôme de spécialisation professionnelle, conformément à la réglementation en vigueur.
La filière de qualification professionnelle sera accessible aux candidats ayant au minimum le niveau de la troisième année de l’enseignement secondaire collégial ou titulaires d’un diplôme de spécialisation professionnelle ou équivalent. Elle durera au moins une année et donnera lieu à la délivrance d’un diplôme de qualification professionnelle.
Quant à la filière de technicien, elle sera ouverte aux candidats ayant accompli intégralement la dernière année du cycle du baccalauréat ou disposant d’un niveau équivalent. Les titulaires d’un diplôme de qualification professionnelle ou équivalent pourront y accéder dans la limite de 10% des places disponibles. Cette formation s’étendra sur au moins deux années et sera sanctionnée par un diplôme de technicien.
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La filière de technicien spécialisé sera, en revanche, destinée aux titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent. Les titulaires d’un diplôme de technicien ou équivalent pourront y être admis dans la limite de 10% des places disponibles. Elle s’étendra sur au moins deux années et est sanctionnée par un diplôme de technicien spécialisé.
Les dossiers de candidature à la formation préalable à l’insertion et à la formation qualifiante pour l’insertion seront soumis à une présélection. Seuls les candidats retenus seront convoqués aux entretiens et/ou aux tests d’évaluation.
À l’issue de la formation qualifiante pour l’insertion ainsi que des formations en cours d’emploi et de perfectionnement, l’Académie délivrera à chaque bénéficiaire une attestation certifiant les compétences acquises.
Comment sera gérée l’Académie
L’Académie sera dirigée par un directeur chargé de la gestion de l’ensemble des services et de l’administration du personnel placé sous son autorité. Il assurera le suivi et le contrôle de l’enseignement théorique et pratique, des études et des recherches et sera responsable de la discipline au sein de l’établissement.
Le directeur sera assisté d’un directeur adjoint chargé des études, d’un conseil de perfectionnement et d’un conseil de gestion et de coordination pédagogique. Le conseil de perfectionnement sera consulté sur les programmes de formation, les équipements, le développement de l’Académie et, plus largement, sur ses activités pédagogiques, scientifiques et techniques.
Le conseil de gestion et de coordination pédagogique arrêtera le classement des stagiaires en fin d’année. Il veillera à l’application du règlement intérieur, élaboré par le directeur et approuvé par décision de l’autorité gouvernementale chargée de la formation professionnelle. La composition, les attributions et les modalités de fonctionnement de ces conseils seront fixées par décision de cette autorité.
Le décret prévoit enfin que des stagiaires étrangers, proposés par leurs gouvernements et agréés par le gouvernement marocain, pourront être admis dans les mêmes conditions pédagogiques que les stagiaires marocains.
Rappelons que l’écosystème national compte aujourd’hui sept instituts de formation, dont l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA), géré par le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), l’Institut spécialisé des métiers de l’aéronautique et la logistique aéroportuaire (ISMALA), relevant de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), et désormais cette nouvelle Académie.
Dans les ateliers de l’Institut des métiers de l’aéronautique. (A.Et-Tahiry/Le360)
À noter que ce nouvel établissement sera géré, dans le cadre d’une convention de gestion déléguée, par une société créée par Royal Air Maroc (RAM). «Le bâtiment, déjà achevé à Nouaceur, est prêt. Les équipements sont mobilisés et le démarrage effectif est prévu au premier trimestre 2026», a précédemment confié Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, à Le360.
«À court terme, cet ensemble permettra de former près d’un millier de techniciens et cadres par an, un volume appelé à augmenter rapidement», a indiqué Younes Sekkouri. Dans cette nouvelle configuration, une partie des activités de l’ISMALA sera transférée vers l’Académie, mais avec des missions entièrement redéfinies, ciblant des métiers jusqu’ici insuffisamment couverts par l’offre nationale de formation.






