Sur le boulevard de la Résistance, en face du «17 étages» un petit bijou architectural surplombe Mers Sultan. La villa Carl Ficke, construite en 1913 par l’architecte italien Ulysse Tonsi à la demande et à l’effigie d’un commerçant allemand, a façonné l’identité de Casablanca du 20ème siècle. «C’est un bâtiment emblématique, l’une des premières villas construites extra-muros, et témoigne de plus de 100 ans de l’existence de Casablanca» déclare Zineb Diouri, conservatrice du musée Carl Ficke.
Transformé en Musée de la mémoire de Casablanca et ouvert au grand public en février 2025, ce bâtiment a été restauré à l’identique par l’architecte Salima Naji.
L’architecte a fait le choix d’une restauration respectueuse, conservant les éléments et matériaux d’origine afin de maintenir l’intégrité structurelle et l’authenticité de l’édifice. Une démarche qui permet aujourd’hui d’en restituer la lecture historique et architecturale avec la plus grande fidélité.
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«Le tableau électrique et les carreaux de l’escalier principal ont été rénovés à l’identique pour raconter l’histoire de ce bâtiment artistique. Construite sur deux niveaux, avec un étage au sous-sol, la villa détient un cachet art-déco avec des touches néo-mauresques visibles sur les balcons et spécialement avec l’intégration des motifs de la rose d’Acantus propre à la civilisation greco-romaine», précise la conservatrice.
Carl Ficke a joué un rôle de premier plan dans l’histoire du Maroc avant d’être exécuté par les Français, qui l’accusaient d’espionnage. La villa fut ensuite réaffectée, devenant tour à tour lieu de détention pour des prisonniers allemands, puis centre d’accueil pour des enfants atteints de tuberculose. Nombre de doyens de la ville se souviennent toutefois de l’époque où elle abritait l’annexe du Collège pour filles Khnata Bent Bekkar, épisode plus récent d’une histoire marquée par les soubresauts du 20ème siècle.








