Bnat Lalla Mennana: Ghita Kitane revient sur son interprétation de «Majda »

La comédienne Ghita Kitane. (K.Essabar/Le360)

Le 22/03/2026 à 10h15

VidéoRévélée par le digital, Ghita Kitane confirme aujourd’hui son ancrage sur le petit écran. À l’affiche de la nouvelle saison de «Bnat Lalla Mennana», la comédienne se confie sur cette transition décisive. De ses débuts viraux à son immersion dans ce classique de la télévision marocaine, elle retrace son parcours, évoque ses collaborations sur le plateau et affirme son ambition de contribuer au renouvellement des codes de la fiction nationale.

De l’écran du smartphone aux plateaux de tournage, Ghita Kitane incarne cette nouvelle génération d’artistes façonnée par le digital. Révélée au grand public à travers ses parodies virales sur Instagram, la jeune comédienne franchit un cap en rejoignant le casting de la troisième saison de «Bnat Lalla Mennana». Dans cette saga emblématique, elle dévoile une palette de jeu inattendue, bien au-delà de son registre humoristique. Une expérience décisive, qui marque un véritable tournant dans son parcours et concrétise une vocation nourrie depuis l’enfance.

«J’ai suivi les saisons précédentes du feuilleton depuis ma plus tendre enfance. Je me souviens que je m’amusais à imiter le personnage de Chama, de manière instinctive, sans jamais imaginer qu’une troisième saison verrait le jour… et encore moins que j’en ferais partie», confie-t-elle.

Cette opportunité, Ghita Kitane la perçoit comme l’aboutissement d’un travail acharné. Après une première apparition remarquée dans la série «Aicha», la jeune comédienne considère ce rôle comme une véritable entrée en scène dans le paysage audiovisuel marocain. «C’était une expérience exceptionnelle, un démarrage en force. Ce rôle, je l’attendais, je le rêvais. Voir ce rêve d’enfant se concrétiser a été une joie immense. Je me suis investie à 100% sur ce tournage pour que cette énergie se ressente à l’écran», confie-t-elle.

Dans cette nouvelle saison, Ghita Kitane prête ses traits à «Majda», une jeune femme au tempérament fougueux, en conflit récurrent avec l’autorité maternelle. Un rôle de composition exigeant, qui a nécessité de la part de l’actrice une véritable immersion émotionnelle, tant le personnage s’éloigne de sa personnalité.

«Dans la vie, je suis très différente de Majda, notamment dans sa manière de s’adresser à sa famille. Elle peut sembler rebelle, parfois même insolente, mais mon travail consiste justement à ne pas la juger. Je cherche à comprendre sa logique, à défendre ses motivations. Pour elle, ses réactions sont justifiées par ce qu’elle traverse», explique-t-elle.

Cette justesse d’interprétation s’est nourrie d’une alchimie immédiate avec les figures majeures du casting, à commencer par Samia Akariou. Ghita ne cache pas son admiration pour celle qui incarne sa mère à l’écran: «Travailler avec Samia est un pur bonheur. Elle met ses partenaires en confiance, aussi bien sur le plan humain que professionnel. Cette complicité a largement contribué à la crédibilité de nos scènes.»

Malgré l’intensité dramatique de certaines séquences, les coulisses du tournage étaient empreintes de légèreté. Ghita Kitane se souvient, amusée, d’un moment devenu inoubliable: «Lors d’une scène solennelle de lecture de la Fatiha avec Abdellah Didane et Samia Akariou, nous avons été pris d’un fou rire incontrôlable. Dès que nos regards se croisaient, il nous était impossible de reprendre notre sérieux. Ce sont ces instants d’humanité qui rendent ce métier si particulier.»

Face aux critiques récurrentes sur l’irruption des créateurs de contenu dans l’univers télévisuel, la jeune comédienne affiche une sérénité assumée. Elle tient à rappeler que son parcours ne s’est pas construit uniquement à l’aune des algorithmes. «Je comprends les débats actuels, mais mon socle, c’est le théâtre. J’ai commencé sur les planches à l’âge de seize ans, devant 400 personnes. J’y ai appris les codes de l’écriture satirique, la présence scénique et la construction d’un personnage, bien avant de publier ma première vidéo», précise-t-elle.

L’imitation, qui l’a révélée au grand public — notamment à travers ses parodies de joueurs de l’équipe nationale, comme Yassine Bounou ou Achraf Hakimi —, relève selon elle d’une discipline à part entière, fondée sur un sens aigu de l’observation et une attention minutieuse apportée aux détails.

Aujourd’hui, Ghita Kitane revendique une liberté artistique affranchie des étiquettes. Si elle s’oriente vers des rôles plus dramatiques à la télévision, c’est pour explorer des registres émotionnels plus complexes, tout en réservant son énergie comique à la scène. Portée depuis toujours par l’influence de Gad Elmaleh, dont elle connaît les répliques par cœur, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture de son prochain spectacle de stand-up en langue arabe. «Retrouver le public en direct est un véritable défi personnel. L’adrénaline de la scène, face à des milliers de spectateurs, est irremplaçable», conclut-elle.

Par Ghania Djebbar et Khadija Essabar
Le 22/03/2026 à 10h15