L’acteur marocain Assaad Bouab s’apprête à retrouver les écrans nationaux dans un retour très attendu, porté par la série «Rass El Jbel», réalisée par Ayoub Lahnoud et conçue comme une adaptation marocaine de la fiction culte arabe «Al Hayba». Attendue à l’antenne de MBC5 lors du prochain Ramadan, en 2026, l’œuvre entend revisiter un univers déjà solidement installé dans l’imaginaire du public, en le reconfigurant à l’aune d’une sensibilité marocaine assumée et d’une esthétique renouvelée.
Dans un entretien avec Le360, le comédien confie que l’annonce de ce rôle principal a fait naître en lui un sentiment contrasté, mêlant enthousiasme et appréhension. «J’ai ressenti une véritable pression au départ, mais un acteur ne doit pas s’imposer un fardeau qui dépasse ses propres forces», explique-t-il avec lucidité.
Cette opportunité, reconnaît-il, revêt une dimension presque intime: celle d’un retour aux sources après de longues années passées à l’étranger. «Participer à une production populaire dans mon pays, avec un regard marocain singulier, est une joie profonde. Nous ne livrons pas une copie conforme, mais une adaptation qui porte notre empreinte. J’espère que l’œuvre saura rencontrer l’attente du public», précise-t-il.
Une réinvention fidèle à l’âme marocaine
Face aux débats qu’a suscités l’idée même d’adapter Al Hayba au Maroc, Assaad Bouab se veut rassurant. Selon lui, l’équipe d’écriture a œuvré en faveur d’une transposition respectueuse des codes culturels locaux. «Basma El Hijri et ses collaborateurs ont conservé l’esprit de la série originale, tout en l’inscrivant dans notre réalité: en darija, avec des références et des détails qui appartiennent à notre environnement», souligne-t-il.
Et d’illustrer son propos par une métaphore musicale: «C’est comme reprendre une chanson célèbre à sa manière: on en reconnaît la mélodie, mais on y découvre aussi des variations inédites.»
Un plateau porté par une alchimie collective
Interrogé sur l’atmosphère du tournage, l’acteur décrit un climat de complicité créative. «Les relations entre nous sont excellentes, il existe une véritable entente artistique», affirme-t-il. Les premiers jours, marqués par l’urgence du calendrier à l’approche du Ramadan, ont laissé place à une dynamique plus sereine. «Une fois les caméras en marche, une énergie positive s’est installée. Chacun soutient l’autre, et cette harmonie transparaît à l’écran.»
Le retour d’un enfant du pays
Assaad Bouab évoque également son éloignement prolongé des plateaux marocains. «Mon itinéraire m’a conduit en France, en Espagne et ailleurs», rappelle-t-il, précisant que son dernier tournage au Maroc remonte à 2016. «Dix ans ont filé à une vitesse vertigineuse.»
L’appel du producteur Amine Benjelloun a agi comme un déclic. «Revenir aujourd’hui, retrouver ma darija, même si l’exercice reste parfois délicat, est une expérience profondément émouvante.»
Entre héritage et interprétation personnelle
Quant aux inévitables comparaisons avec le héros de la version originale, l’acteur les accueille avec sérénité. «Le public a aimé l’œuvre originale, il est naturel qu’il confronte les interprétations», concède-t-il. Mais Assaad Bouab revendique une démarche créative autonome: «Je ne travaille ni dans l’imitation ni dans la reproduction. Je construis le personnage à partir de mon vécu, de ma sensibilité. J’espère que le spectateur acceptera cette lecture.»
Entre fidélité à un mythe télévisuel et exploration d’une identité propre, «Rass El Jbel» s’annonce ainsi comme un laboratoire artistique où se rencontrent mémoire collective et création contemporaine, sous le regard d’un acteur revenu écrire un nouveau chapitre de son histoire avec le public marocain.








