Le douzième homme

Après le but de Diaz, le public et l’équipe vibrent à l’unisson. (K. Essalek/Le360).

Ce vendredi soir, le complexe sportif Moulay Abdallah a vibré comme jamais. Le douzième homme n’était pas seulement présent, il a transcendé le stade, transformant chaque chant, chaque clameur, chaque mouvement en un véritable moteur pour les Lions de l’Atlas.

Le 10/01/2026 à 13h28

Le douzième homme a été tout simplement exceptionnel ce vendredi 9 janvier 2026 au complexe sportif Moulay Abdallah. Dès le coup d’envoi de la rencontre Maroc-Cameroun, le public a imposé une ambiance électrique, donnant le ton d’une soirée qui s’annonçait mémorable.

Il faut dire que les propos de Walid Regragui, lancés au début de la CAN -«Si le public vient juste pour manger les petits fours, on n’a rien à faire de lui»- ont trouvé un écho retentissant dans les tribunes. Les supporters marocains ont répondu présent, bien décidés à assumer pleinement leur rôle. À l’exception de la tribune officielle, ils sont restés debout durant toute la rencontre, redoublant d’imagination pour multiplier les formes de soutien.

Vagues humaines «lmouja», chants «sir, sir» chers au sélectionneur depuis son passage au Wydad, le traditionnel «Maghriib, Maghriib» scandé à l’unisson, «Lli ma bouja machi Maghribi» (celui qui ne bouge pas n’est pas marocain) ou encore «Achhaab yourid la Coupe d’Afrique » (le peuple veut la Coupe d’Afrique), le stade s’est transformé en une véritable caisse de résonance, galvanisant les Lions de l’Atlas à chaque instant. Et loin de faiblir, cette ferveur a même gagné en intensité à la pause.

Satisfait de la prestation livrée en première mi-temps (la meilleure depuis la Coupe du monde au Qatar en 2022 selon Regragui), et rassuré par l’ouverture du score signée Brahim Diaz, le public a prolongé la fête entre les deux périodes. En parfaite communion avec le DJ du stade, les supporters ont dansé, chanté et célébré, installant une atmosphère de confiance et d’enthousiasme contagieux.

Face aux Lions indomptables, pourtant rompus aux grandes joutes africaines, cette pression constante venue des gradins a fini par peser. Au point que le sélectionneur camerounais lui-même, David Pagou, n’a pas manqué de saluer la performance du public marocain. «Par rapport au public marocain, je veux tirer un chapeau, parce que c’est ça le rôle du douzième homme sur le terrain. Ils ont bien joué leur rôle, chapeau à eux», a-t-il reconnu avec fair-play à l’issue de la rencontre.

Walid Regragui a, lui aussi, tenu à rendre un hommage appuyé aux supporters. «Merci au public. Aujourd’hui, on a vraiment senti que l’on était à la maison. Quand on joue comme ça, on joue à douze», a déclaré le sélectionneur national, résumant parfaitement cette communion totale entre l’équipe et son public.

Plus qu’un simple décor, le public marocain s’est ainsi imposé comme un acteur à part entière de la victoire des Lions de l’Atlas, rappelant combien le douzième homme peut peser dans ce type de rendez-vous continentaux. Reste désormais à espérer que cette ferveur se prolonge et que ce soutien demeure aussi intense et constant lors de la demi-finale programmée mercredi à 21h, dans le même stade, pour porter une nouvelle fois la sélection nationale vers les sommets.

Par Wadie El Mouden
Le 10/01/2026 à 13h28