Devant la prolifération non régulée des applications intelligentes dans le secteur du transport et à l’absence de solutions concrètes pour sortir le secteur de l’impasse, la situation ne cesse de se tendre entre les différents acteurs. Des affrontements sont toujours enregistrés entre les chauffeurs professionnels et ceux exerçant via ces plateformes numériques, révélant l’ampleur du malaise et l’urgence d’un encadrement clair. Dans ce contexte, la Confédération démocratique du transport a pris une initiative qu’elle présente comme une alternative pragmatique et un premier pas vers la régulation, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 29 janvier.
En début de semaine, le syndicat a adressé des demandes d’autorisation pour l’exercice du transport via les applications intelligentes au ministère de l’Intérieur ainsi qu’aux autorités de tutelle, au profit des chauffeurs affiliés à ses structures. Cette démarche repose sur le dépôt de demandes individuelles, encadrées sur le plan syndical, avec pour objectif de faire passer une activité exercée jusque-là dans l’illégalité vers un cadre organisationnel clair et structuré. Selon le syndicat, ces demandes sont accompagnées de dossiers professionnels détaillés. Ceux-ci rassemblent l’ensemble des données relatives aux chauffeurs et aux plateformes numériques sur lesquelles ils opèrent, notamment les années d’expérience, le nombre de courses effectuées, les évaluations attribuées par les clients, les horaires de travail ainsi que d’autres informations professionnelles jugées nécessaires.
Objectif affiché: permettre aux autorités compétentes de disposer d’une vision globale et précise de la réalité des pratiques au sein du secteur, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Avec cette initiative, la Confédération démocratique du transport affirme son attachement au dialogue responsable et au plaidoyer institutionnel avec l’ensemble des parties prenantes. Elle insiste sur la nécessité d’aboutir à une législation équitable, capable à la fois de protéger les droits des chauffeurs et de répondre aux attentes des usagers en matière de qualité et de modernisation des services. Parallèlement, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, s’est exprimé sur la question de l’utilisation des applications de transport intelligent. Il a indiqué que son département travaille actuellement à l’élaboration d’une réforme législative et réglementaire globale visant à encadrer ce secteur selon une approche qui concilie modernisation des services et respect du cadre juridique en vigueur. Cette orientation, a-t-il précisé, s’inscrit dans la volonté du ministère de trouver un équilibre délicat entre l’innovation technologique et la garantie des droits légaux de l’ensemble des intervenants, qu’il s’agisse des professionnels traditionnels ou des utilisateurs de ces nouveaux services.
Le ministre a également souligné que cette réforme était menée dans le cadre d’un chantier gouvernemental conjoint, en coordination avec les départements et institutions concernés, afin de mettre en place un dispositif juridique clair et cohérent régissant l’activité des plateformes numériques qui assurent l’intermédiation entre chauffeurs et clients. Le projet repose sur une approche participative associant différents ministères et instances spécialisées, dans le but de développer des mécanismes juridiques et procéduraux capables d’accompagner l’évolution technologique du secteur du transport tout en garantissant une concurrence équitable entre les acteurs, explique Al Ahdath Al Maghribia.
Dans l’attente de l’aboutissement de ce chantier, le ministère de l’Intérieur affirme accompagner les professionnels à travers l’émission de décisions préfectorales encadrant les conditions d’exercice via ces plateformes, de manière à assurer le respect des textes légaux en vigueur et la protection des droits des professionnels comme des usagers. De leur côté, les syndicats professionnels continuent d’appeler l’autorité de tutelle à mettre un terme au transport non autorisé et à l’utilisation anarchique des applications intelligentes, tout en plaidant pour un renforcement des contrôles et des sanctions à l’encontre des contrevenants. Les représentants syndicaux insistent toutefois sur le fait que les professionnels ne s’opposent pas par principe aux applications numériques. Ils réclament au contraire la modernisation du secteur et l’intégration de ces outils dans un cadre légal juste et équilibré, seul à même de trancher définitivement sur ce dossier et de mettre fin à l’instabilité qui caractérise aujourd’hui les transports publics.








