Vidéo. Toxicité des pastèques: hormones, OGM... Une rumeur prospère sur la Toile, démêlons le vrai du faux

khalil Essalak
Le 17/06/2021 à 14h37

VidéoDes rumeurs persistantes autour d'une supposée toxicité des pastèques de cette saison estivale portent préjudice aux commerçants. Interrogées par Le360, plusieurs sources, agriculteurs, commerçants, et membres d'associations de protection des consommateurs s'en expliquent et démentent certaines assertions.

Des rumeurs insistantes, très relayées ces derniers temps sur les réseaux sociaux, attestent d'une prétendue toxicité des pastèques cultivées au Maroc. Ces assertions ont aujourd'hui fortement impacté le prix de vente de ce fruit de saison, extrêmement désavantageux pour les commerçants. 

Jugez-en plutôt: à la halle de Casablanca, les pastèques ne trouvent pas preneur. Les commerçants peinent à écouler leurs caisses de 1000 tonnes de ce fruit estival qu’ils réceptionnent quotidiennement.

D’où une vertigineuse chute des prix, de l'ordre de 70%. Les grossistes vendent actuellement leurs pastèques à un dirham le kilo, pas plus!

Selon ces rumeurs, les pastèques du Maroc auraient été génétiquement modifiées ou auraient subi des injections d’hormones pour pouvoir être récoltées bien avant le début de la saison estivale. 

Plusieurs agriculteurs que Le360 a interrogés démentent totalement ces bruits infondés: «c’est complètement faux. Si nous avons eu des récoltes de pastèques plus tôt que prévu, c’est que tout simplement nous avons semé très tôt par rapport aux années précédentes», confie ce cultivateur casablancais.

Abderrazak Chabi, secrétaire général de l’association du marché de gros de Casablanca confirme que ces rumeurs sur la toxicité de la pastèque a énormément porté préjudice au marché.

«L’année dernière, le prix de la pastèque était fixé entre 50 centimes et 3 dirhams tandis que cette année, le prix au kilo ne dépasse pas un dirham», explique-t-il. Et d'ajouter que «la culture de la pastèque, c’est beaucoup de dépenses. Cela nécessite beaucoup d’eau, et il faut attendre presque 4 mois avant d’espérer avoir une récolte suffisante».

Des rumeurs d’autant plus néfastes qu'elles sont injustifiées, car basées sur de fausses informations. Une source ayant requis l'anonymat, occupant un poste de responsabilité auprès de l'Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA), à Casablanca, tient à préciser que «les derniers prélèvements que nous avons réalisés ne prouvent à aucun moment cette toxicité. Aucune anomalie n’a été révélée, aucun polluant, aucun résidu de pesticide, aucune bactérie», martèle-t-il. 

Par Fatima Zahra El Aouni
Le 17/06/2021 à 14h37