L’Observatoire marocain de la protection du consommateur dénonce vivement des «pratiques trompeuses» portant atteinte directe au pouvoir d’achat des Marocains, avec la commercialisation de viandes importées vendues au prix de la viande locale. Selon l’Observatoire, ces viandes importées n’atteignent, dans de nombreux cas, ni la qualité ni les standards de la viande rouge marocaine, alors même que les autorités officielles affirment soutenir le secteur national de l’élevage et les agriculteurs, écrit Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 28 janvier.
L’instance estime que l’absence d’un étiquetage clair indiquant l’origine des viandes, précisant si elles sont locales ou importées, leur nature exacte ainsi que leur véritable prix, constitue une forme manifeste de fraude commerciale. Une situation qui, selon elle, nécessite une réponse ferme afin de protéger le consommateur, de rendre justice au producteur national et de garantir le principe d’une concurrence loyale sur le marché. Dans ce contexte, l’Observatoire appelle les autorités compétentes, en particulier les services de contrôle relevant du ministère de l’Intérieur, du ministère de l’Agriculture ainsi que de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, à imposer à l’ensemble des bouchers et des grandes surfaces l’obligation d’afficher des étiquettes claires et visibles permettant de distinguer sans ambiguïté les viandes locales des viandes importées.
L’Observatoire insiste également sur la nécessité de garantir au consommateur une réelle liberté de choix, fondée sur une information exacte et transparente, sans tromperie ni confusion volontaire. Il plaide pour un renforcement des contrôles et des sanctions à l’encontre de toute personne impliquée dans des pratiques de fraude, de désinformation ou d’exploitation de la confiance du consommateur. Cette prise de position fait suite aux constats alarmants relevés par l’Observatoire lors de ses visites de terrain dans plusieurs boucheries de quartier ainsi que dans certaines grandes surfaces commerciales, a-t-on lu dans Al Ahdath Al Maghribia. Ces inspections ont mis en évidence un manque total de transparence dans la présentation et la commercialisation des viandes rouges, notamment en raison de l’absence de distinction claire entre les viandes importées et les viandes locales.
L’Observatoire rappelle que le droit à une information correcte, complète et accessible constitue l’un des droits fondamentaux du consommateur. Il considère que les pratiques actuellement observées constituent une violation flagrante des dispositions de la loi n°31.08 relative à la protection du consommateur, en particulier celles liées à la lutte contre la fraude, la tromperie et la publicité mensongère, ainsi qu’à l’obligation d’indiquer de manière transparente la nature du produit, son origine et son prix. Pour l’instance, il est légitime que le consommateur puisse accéder à un produit conforme au prix payé et aux attentes légitimes en matière de qualité.
Pour rappel, le Maroc a eu recours à l’importation de viandes rouges afin de faire face à la hausse continue des prix de la viande locale et de renforcer l’offre sur le marché national. Toutefois, malgré cette mesure, les préférences des consommateurs continuent de pencher majoritairement en faveur de la viande rouge locale, perçue comme plus fiable et de meilleure qualité.








