Lors de ce procès simulé pour sensibiliser aux violences numériques contre les femmes, la cour était composée de deux magistrats, dont un substitut du procureur, d’un greffier ainsi que d’un avocat assurant la défense d’un accusé. L’ensemble de ces rôles était tenu par des étudiants titulaires d’un master de droit. L’accusation était sérieuse puisque le prévenu était poursuivi pour la publication, sur les réseaux sociaux, d’un message diffamatoire portant atteinte à la dignité d’une personne.
Ilham Hamdaï, présidente de la clinique de droit relevant de la Faculté de droit et d’économie de Rabat Agdal, a indiqué que la simulation avait été organisée à l’occasion de la journée du 8 mars, en partenariat avec le Conseil de l’Europe. «Nous avons simulé ce procès afin de sensibiliser nos étudiants et la société à la gravité de ce problème», a déclaré cette spécialiste en droit privé, avant de chiffrer «à 1,5 million d’agressions numériques par an contre les femmes».
L’agression numérique désigne tout comportement illégal commis par voie électronique visant à porter atteinte à la dignité, à l’honneur, à la réputation, à la vie privée ou à l’intégrité psychologique d’une personne. Elle englobe plusieurs infractions pénales distinctes, parmi lesquelles: la diffamation en ligne, l’injure publique sur internet, le cyberharcèlement, l’usurpation d’identité numérique ou la diffusion non consentie d’images, de données personnelles ou de correspondances sans consentement.
Pour rappel, la clinique du droit est une structure universitaire où des étudiants en droit, encadrés par des professionnels (avocats, professeurs), fournissent au public des informations et un accompagnement juridique gratuits. Elle concilie pédagogie pratique et engagement citoyen en faveur de l’accès au droit.
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Sur le plan pédagogique, les étudiants y affinent leurs connaissances théoriques en travaillant sur des cas réels: rédaction de fiches juridiques, recherches et analyses. La structure offre également un service gratuit de premier conseil juridique aux personnes en difficulté ou aux associations.
Les thématiques traitées couvrent souvent le droit de la famille, le droit des étrangers (immigration), le droit du travail ou encore les questions liées au logement. Le travail des étudiants est supervisé par des professionnels afin de garantir la fiabilité et la qualité de l’information délivrée.
Au-delà de l’exercice académique, la simulation rappelle que derrière les écrans se jouent des atteintes bien réelles. Former les juristes de demain à ces nouvelles formes de violence constitue, pour l’université comme pour la justice, un enjeu désormais incontournable.












