Le vaste massif forestier de Salé Al Jadida, autrefois havre de paix, est aujourd’hui défiguré par d’immenses dépotoirs à ciel ouvert. Dans la zone de Sidi Aamira notamment, des résidus d’ordures et des amas de caisses en plastique épars souillent le paysage. Face à ce constat, les écologistes lancent un cri d’alarme pour sauver ce poumon vert, qui a récemment vu chuter nombre de ses arbres.
«Cette situation critique menace un exutoire naturel prisé des habitants pour la détente et la pratique sportive, particulièrement le week-end», rapporte Al Akhbar de ce vendredi 5 décembre. Des acteurs de la société civile mettent en garde contre la détérioration accélérée de ce « poumon de Rabat-Salé », imputable à la prolifération des déchets laissés par les visiteurs, mais aussi aux dégâts causés par les véhicules envahissant cet écosystème fragile.
Parallèlement, les récents travaux d’aménagement de cette forêt, l’une des plus grandes étendues vertes de l’agglomération, ont provoqué de vives polémiques locales. Les critiques portent sur les modes de gestion et sur l’efficacité des mesures prises pour préserver ce patrimoine naturel. Pourtant dotée d’une symbolique forte depuis l’institutionnalisation de la vision « Rabat ville verte » en 2010, sa réalité actuelle semble, pour de nombreux défenseurs de l’environnement, trahir cette ambition.
L’espace forestier est en effet aux prises avec de multiples défis: détérioration du couvert végétal, accumulation de détritus et intrusion de résidus issus des chantiers de construction voisins. Si les autorités ont engagé des opérations d’aménagement, de nombreux observateurs déplorent que certains travaux ne respectent pas «les normes écologiques précises». Ils pointent du doigt, par exemple, la plantation d’arbres en plein été – période peu propice au reboisement –, ayant conduit au dessèchement de nombreux plants. «La destruction d’autres spécimens, due au piétinement et au passage des voitures, a été aggravée par une clôture rudimentaire, inefficace pour protéger les zones réaménagées», note Al Akhbar.
Enfin, les acteurs locaux soulignent l’insuffisance criante des équipements d’hygiène. L’installation de conteneurs à ordures, notent-ils, est totalement inadaptée au volume de déchets généré par l’afflux massif de visiteurs, accentuant ainsi le phénomène de pollution.








