Rues blanchies à perte de vue, habitants surpris, réseaux sociaux en surchauffe... La scène avait tout d’une chute de neige à Marrakech. Cependant la Direction générale de la météorologie parle de grêle. Un épisode orageux intense, nourri par une dépression atlantique et une goutte froide, a frappé les régions de la ville ocre et du Haouz.
Sollicitée par Le360, la DGM affirme que «certaines régions du Royaume, notamment le Haouz et Marrakech, ont connu hier des précipitations pluvieuses localement intenses, accompagnées de chute de grêle (tabrouri)».
Sur le plan météorologique, cette situation s’explique par l’influence d’une extension d’une dépression atlantique accompagnée de masses d’air froid dans les couches supérieures de l’atmosphère. Ce contraste entre un air froid en altitude et un air plus chaud et humide près de la surface a engendré une instabilité atmosphérique propice au développement de puissants cumulonimbus (nuages d’orage orageux, denses et très étendus verticalement), capables de produire localement de fortes averses et des chutes de grêle en des laps de temps courts, détaille-t-on.
La formation de la grêle s’explique, quant à elle, par l’ascension de gouttelettes d’eau jusqu’à des couches atmosphériques de très basse température, où elles se congèlent progressivement en formant des noyaux de glace qui grossissent au gré des courants aériens à l’intérieur du nuage, avant de chuter vers le sol lorsque ces courants ne peuvent plus les maintenir en suspension.
La présence d’une goutte froide (dépression d’altitude isolée) stationnant au-dessus de la région a par ailleurs contribué à renforcer et à prolonger cette activité orageuse.

Faut-il y voir un signe de dérèglement climatique? La DGM tempère. De tels épisodes s’inscrivent globalement dans le cadre des variations météorologiques ordinaires qui caractérisent la saison printanière, période durant laquelle les situations d’instabilité atmosphérique sont récurrentes au Maroc, conclut-on.





