Le Maroc domine très largement le palmarès 2026 des meilleures prépas étrangères aux grandes écoles françaises, établi par «Le Figaro»

Des étudiants de Polytechnique.

Le journal «Le Figaro» a établi son classement annuel des meilleures classes préparatoires scientifiques et commerciales à l’international aux grandes écoles françaises. Comme chaque année, le Maroc obtient les meilleurs résultats aux concours.

Le 11/03/2026 à 14h24

Si dans la plupart des pays étrangers, universités et grandes écoles sont accessibles directement après le lycée, les classes préparatoires demeurent une exception française. Pendant deux ans après l’obtention du baccalauréat, les candidats aux grandes écoles d’ingénierie ou de commerce doivent travailler d’arrache-pied pour décrocher le précieux sésame qui leur ouvrira les portes de Polytechnique, Centrale, les Mines ou HEC.

Ainsi, «une petite dizaine de pays, principalement en Afrique, ont adopté ce modèle élitiste et méritocratique», explique le Figaro citant le Maroc, la Tunisie, la Guinée ou encore le Sénégal, en notant que «certaines de ces prépas y obtiennent d’ailleurs d’excellents résultats». Une aubaine pour les grandes écoles françaises qui peinent à recruter de futurs ingénieurs dans les rangs des étudiants français, comme le révèle Laurent Champaney, directeur des Arts et Métiers, et qui s’assurent, par cette voie de recrutement, de maintenir le bon niveau des admis.

Dans ce palmarès, «ce sont de loin les prépas marocaines qui raflent les meilleures places», révèle Le Figaro avec, dans le classement des meilleures prépas scientifiques à l’étranger pour intégrer Polytechnique en 2026, une prédominance des prépas marocaines. En tête, Lydex à Benguerir qui a vu, au cours des trois dernières années, plus de 17% de ses élèves décrocher l’X dans les filières Maths-Physique et physique technique. En deuxième et troisième position, Lymed de Tétouan et le lycée Al Zahrawi de Rabat, qui «ont envoyé respectivement 8,8 et 7% de leurs effectifs dans la meilleure école d’ingénieur française au cours des trois dernières années», note Le Figaro. Au total, sur trente-sept prépas africaines sélectionnées, trente-deux sont marocaines.

Même son de cloche pour les prépas ECG (économique et commerciale voie générale) et les prépas ECT (économique et commerciale voie technologique), là aussi largement dominées par les écoles marocaines.

«En ECG, c’est le groupe scolaire La Résidence de Casablanca au Maroc qui décroche la première place avec 19 candidats admis dans les écoles françaises pour 14 affectés. Les prépas du groupe scolaire La Résidence Bouskoura (Casablanca) et du lycée Ibn Ghazi (Rabat) figurent respectivement à la deuxième et à la troisième place», annonce-t-on. Sur vingt-neuf prépas ECG africaines sélectionnées, vingt-sept sont marocaines. Enfin, du côté des prépas ECT (vingt prépas toutes marocaines), c’est l’ESTEM de Casablanca qui arrive en première position avec 36 candidats admis pour 33 affectés, suivie par les prépas du groupe scolaire La Résidence et La Résidence Bouskoura.

À noter toutefois l’absence d’HEC dans les établissements intégrés après une prépa école de commerce. «C’est notamment parce que les meilleurs élèves marocains choisissent souvent de rentrer dans les prépas françaises plutôt que dans les prépas marocaines», explique Lionel Sitz, responsable admission de l’EM Lyon.

Comment expliquer le succès des établissements marocains dans ces classements? «Parce que ce pays mise largement sur ce système», analyse la publication, relevant que quelque 10.000 élèves y sont affectés chaque année. «On y envoie la crème de la crème», déclare ainsi au Figaro Mohamed El Bourkadi, chargé de la coordination de l’Inspection régionale en CPGE pour le ministère de l’Éducation nationale marocain. Et de poursuivre, «lorsque les Marocains travaillent à l’étranger, ils font rayonner le pays à travers la diaspora, mais en réalité beaucoup finissent par revenir travailler ici».

Par Zineb Ibnouzahir
Le 11/03/2026 à 14h24