Intempéries. Pourquoi le nord du Maroc est sous haute vigilance: l’explication de la DGM

Une ville sous la pluie. (Photo d'illustration)

La succession de perturbations actives touchant le nord du Royaume s’inscrit dans une configuration atmosphérique de grande échelle. La Direction générale de la météorologie (DGM) explique les mécanismes à l’origine de ces pluies intenses et appelle à la vigilance.

Le 03/02/2026 à 14h51

Le nord du Maroc fait face à une situation météorologique exceptionnelle marquée par une succession de perturbations actives. Selon un post de la Direction générale de la météorologie (DGM), cet épisode s’inscrit dans un contexte atmosphérique de grande ampleur qui touche également la péninsule Ibérique, le sud de la France et l’extrême nord-ouest de l’Afrique, avec des pluies durables, parfois intenses et localement orageuses.

À l’origine de cette situation, un fort contraste thermique entre deux masses d’air aux caractéristiques opposées: de l’air froid d’origine polaire, descendant depuis l’Amérique du Nord et de l’air chaud et humide d’origine subtropicale. Cette confrontation renforce le courant-jet (jet stream), véritable autoroute des perturbations, favorisant le transport de grandes quantités de vapeur d’eau vers l’Europe de l’Ouest et le Maghreb.

Ce mécanisme donne naissance à ce que les météorologues appellent des rivières atmosphériques, des flux étroits mais très chargés en humidité, capables de provoquer des précipitations abondantes sur des zones ciblées.

Au cours de cette semaine, cette rivière atmosphérique canalise un défilé quasi continu de perturbations atlantiques en direction du nord-ouest du Maroc. La région du Rif et le Tangérois figurent parmi les zones les plus exposées, avec des précipitations soutenues à localement très fortes, parfois accompagnées d’orages.

Pourquoi le risque hydrométéorologique est-il élevé?

Selon la DGM, le danger ne tient pas uniquement aux volumes de pluie attendus, mais surtout à la combinaison de plusieurs facteurs aggravants. Les précipitations, parfois intenses et orageuses, se répètent sur une courte période et touchent des bassins versants particulièrement réactifs, notamment en zones montagneuses. Cette configuration favorise des ruissellements rapides et augmente considérablement le risque de crues soudaines des oueds ainsi que d’inondations localisées.

Ces éléments augmentent fortement le risque de ruissellements rapides, de crues soudaines des oueds et d’inondations localisées, parfois en l’espace de quelques dizaines de minutes.

Face à cette situation, la DGM a placé plusieurs zones en alerte météorologique de niveau rouge pour la journée de mercredi, notamment les régions du Rif, Chefchaouen et Tétouan. Les cumuls de pluie pourraient atteindre localement entre 100 et 150 mm. Au-delà des chiffres, c’est surtout le caractère concentré et orageux des précipitations qui impose une vigilance maximale.

Les autorités appellent la population à redoubler de prudence, en particulier dans les zones inondables et les points bas. En cas d’orage, il est essentiel de garder à l’esprit que des inondations peuvent survenir très rapidement, parfois en moins d’une heure.

La Direction générale de la météorologie insiste enfin sur l’importance de la vigilance citoyenne et du respect strict des alertes officielles, afin de limiter les risques pour les personnes et les biens dans un contexte météorologique particulièrement instable.

Par La Rédaction
Le 03/02/2026 à 14h51