Dans le nord-ouest du Royaume, les autorités locales font face à l’urgence pour organiser l’aide apportée aux populations sinistrées suite aux inondations. À Ksar El Kebir, Sidi Kacem, Sidi Slimane et dans les localités avoisinantes, le retour des habitants dans leurs foyers n’est pas encore prévu, et demeure suspendu à la persistance des précipitations et aux risques de débordement des oueds et des barrages.
Cette situation de crise qui se prolonge a des conséquences immédiates sur le système éducatif, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 10 février. Les services compétents ayant maintenu la suspension des cours, les directions provinciales de l’Éducation nationale envisagent le recours à l’enseignement à distance. Une solution qui toutefois rencontre une forte opposition de la part de nombreuses familles. Celles-ci déplorent son inefficacité pédagogique, pointant du doigt les difficultés d’adaptation des enfants et, surtout, des problèmes logistiques insurmontables: le manque d’ordinateurs et de téléphones portables, qui compromet sa mise en oeuvre.
Devant cette impasse, des approches divergentes émergent selon les territoires. Dans les villes de Tanger, Tétouan, M’diq et Fnideq, où les conditions météorologiques devraient permettre une reprise prochaine, les autorités ont initié l’enregistrement des élèves déplacés pour une intégration dans les établissements locaux.
Ailleurs, la situation est plus complexe. Dans les régions de Sidi Kacem, Sidi Slimane et Chefchaouen, les élèves, qu’ils aient été évacués ou non, se retrouvent privés de tout accès à l’école. Les tentatives des autorités pour promouvoir l’apprentissage à distance se heurtent à un refus catégorique, nourri par des raisons à la fois objectives et subjectives, comme le souligne un acteur associatif local.
Pour les familles, qu’elles soient déplacées ou confinées dans des zones inondées, l’instabilité quotidienne rend toute continuité pédagogique à distance illusoire. Leurs réticences s’appuient sur deux arguments principaux. D’une part, le souvenir de l’échec relatif de cette méthode lors de la pandémie de Covid-19, où les lacunes en matière de communication et de méthodes d’apprentissage avaient entravé les progrès des élèves. D’autre part, et de façon plus criante, il y a des obstacles matériels insurmontables dans l’immédiat: l’absence d’accès à Internet et le manque d’équipements numériques, qui touchent particulièrement les familles modestes.
À la recherche de solutions alternatives, ces familles exigent que des décisions soient prises et concrétisées. Certains veulent que leurs enfants soient scolarisés à Tétouan ou M’diq, indique Al Ahdath Al Maghribia. D’autres, dont celles qui n’ont pas été évacuées loin de leur domicile, veulent l’installation de salles de classe mobiles, avec des tentes, à proximité immédiate de leurs lieux d’hébergement temporaire.








