La Chambre nationale des professionnels des industries cinématographiques a déclenché une vive polémique après avoir annoncé une décision disciplinaire visant son ancienne trésorière. «L’instance évoque des irrégularités dans la gestion financière et des soupçons concernant la manière dont les fonds des adhérents auraient été administrés», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 13 avril.
«Selon la Chambre, cette décision fait suite à une phase d’audit interne ayant mis en lumière des éléments jugés préoccupants dans la gestion des ressources financières par l’ancienne trésorière, Zineb Wakrim», souligne Assabah. Ces constats auraient conduit, dans un premier temps, au départ de la responsable concernée, qui aurait présenté sa démission peu après l’émergence de ces irrégularités présumées. «L’organisation affirme avoir enclenché par la suite une procédure interne formelle, conformément à ses règles de gouvernance», écrit Assabah. Cette démarche aurait inclus des vérifications et des investigations sur les faits reprochés. À l’issue de ce processus, la structure annonce avoir pris la décision de radier définitivement l’ancienne trésorière de ses fonctions, en mettant fin à toute appartenance aux différentes instances de la Chambre.
Dans une mesure encore plus large, l’instance indique avoir retiré à l’intéressée toute capacité de représentation ou de prise de parole au nom de l’organisation. Elle justifie ces décisions par la nécessité de préserver l’image de l’institution et de protéger sa crédibilité auprès des professionnels du secteur comme de l’opinion publique. Le dossier a également été transmis aux autorités compétentes afin de procéder aux vérifications nécessaires et d’en tirer les éventuelles conséquences juridiques, la Chambre réaffirmant au passage son attachement au principe de responsabilité et de transparence dans la gestion des affaires internes.
Mais cette version des faits est contestée par la réalisatrice et scénariste Zineb Wakrim. Celle-ci affirme avoir déjà quitté ses fonctions depuis plusieurs mois, en présentant une démission datée du 15 septembre. Elle estime donc que la décision de radiation annoncée le 10 avril intervient alors qu’elle n’était plus membre de la structure, ce qui soulève selon elle des interrogations sur la validité juridique et la cohérence procédurale de la mesure.
Elle met également en avant des questions liées au respect des principes de stabilité juridique et à l’absence d’effet rétroactif des décisions administratives internes, considérant que sa situation avait déjà été définitivement réglée au moment de sa démission. «Dans ce contexte, elle n’exclut pas de recourir à la justice si son image professionnelle venait à être affectée», lit-on dans Assabah.
La réalisatrice appelle par ailleurs à un renforcement des mécanismes de gouvernance au sein du secteur cinématographique, plaidant pour des règles plus claires en matière de transparence et de gestion des responsabilités. Elle indique avoir rendu publique sa lettre de démission afin de clarifier son parcours et de montrer que son départ de la Chambre était effectif bien avant l’annonce des sanctions.
Enfin, elle prévient qu’elle entend défendre sa réputation par tous les moyens légaux si nécessaire, tout en appelant à une gestion plus rigoureuse et institutionnelle des conflits internes dans le secteur culturel, afin d’éviter toute confusion susceptible de nuire aux professionnels concernés.




