Le gouvernement marocain vient de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration publique, avec le lancement de la méta-application «Idarati électronique», présentée par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. Cette plateforme se veut un guichet numérique unique destiné à simplifier les démarches administratives et à réduire les contraintes liées aux déplacements, aux délais d’attente et aux procédures papier, indique le quotidien Les Inspirations Éco. Ambition affichée: permettre aux usagers et aux entreprises d’accéder à l’ensemble des services publics via une seule interface, en quelques clics seulement, tout en renforçant la rapidité, la transparence et la sécurité des interactions avec l’administration.
Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un chantier de transformation numérique engagé depuis plusieurs années au Maroc. Le Royaume a progressivement digitalisé une part importante de ses services publics, avec plus de 600 prestations désormais accessibles en ligne. Parmi les plateformes les plus connues figurent notamment Idarati.ma, Rokhas.ma, dédiée aux autorisations d’urbanisme, ainsi que moncompteursocial.gov.ma, qui permet aux citoyens de suivre leur situation sociale. Malgré ces avancées, les usagers continuent souvent de faire face à un paysage numérique fragmenté, marqué par la multiplicité des portails, la nécessité de gérer plusieurs identifiants et des parcours administratifs parfois complexes et peu harmonisés. Les disparités d’accessibilité entre les régions et les administrations constituent également un frein à une adoption généralisée des services numériques.
La méta-application «Idarati électronique» entend précisément répondre à ces limites en centralisant l’ensemble des services publics existants et à venir dans un environnement unique. Elle permettra aux utilisateurs de s’authentifier à travers un système d’identification unique, de consulter leurs dossiers administratifs, de suivre en temps réel l’évolution de leurs demandes et de recevoir des notifications relatives à leurs démarches. La plateforme offrira également un espace de stockage de documents administratifs numériques, facilitant ainsi leur consultation et leur utilisation. Ce dispositif repose sur une interconnexion renforcée entre les ministères, les services territoriaux et les différentes institutions partenaires, présentée comme le socle technique de ce nouvel écosystème administratif, a-t-on pu lire dans Les Inspirations Éco.
Le lancement de cette initiative s’est accompagné de la signature de plusieurs conventions entre le ministère porteur du projet et divers partenaires institutionnels et technologiques. Ces accords visent à garantir une mise en œuvre coordonnée et efficace de la plateforme. Ils impliquent notamment des agences publiques spécialisées dans les systèmes d’information, des opérateurs chargés de la cybersécurité, ainsi que des organismes dédiés à la formation et à la certification numérique. Plusieurs axes structurants ont été définis dans ce cadre, parmi lesquels figure en priorité l’interopérabilité des systèmes publics, condition essentielle pour assurer l’intégration et la fluidité des services au sein de la méta-application.
La protection des données personnelles et la sécurisation des échanges numériques occupent également une place centrale, la confiance des citoyens constituant un facteur déterminant pour la réussite du projet. Par ailleurs, une attention particulière est accordée à l’amélioration de l’expérience utilisateur et à la formation des agents publics, afin de garantir une transition numérique équilibrée, à la fois du côté des usagers et de l’administration. Malgré l’enthousiasme suscité par cette initiative, plusieurs défis majeurs restent à relever, a-t-on encore pu lire dans Les Inspirations Éco, dont l’harmonisation des systèmes d’information entre les différentes administrations représente un chantier complexe, en raison des infrastructures techniques héritées, de l’absence de normes communes et des enjeux de gouvernance entre institutions publiques. «La fracture numérique demeure également une problématique importante», signale le quotidien.
Dans certaines zones rurales, l’accès à Internet reste insuffisant, tandis que l’appropriation des outils numériques par l’ensemble de la population n’est pas encore totalement acquise. Ces facteurs pourraient influencer le rythme d’adoption de la plateforme et nécessitent des efforts parallèles en matière d’inclusion numérique et d’amélioration des infrastructures. Au-delà de la mise en place d’un simple outil technologique, «Idarati électronique» traduit une transformation plus profonde de la relation entre l’administration et les citoyens. Le projet s’inscrit dans une logique d’évolution vers un modèle d’«État-plateforme», dans lequel les services publics deviennent plus proactifs, personnalisés et accessibles à distance. Cette orientation stratégique s’intègre dans la vision «Maroc Digital 2030», qui vise à positionner le pays comme un acteur régional majeur dans le domaine du numérique. La réussite de cette méta-application dépendra toutefois de la capacité à conjuguer volonté politique, performance technologique et adhésion des citoyens, trois conditions essentielles à une transition réussie vers une administration résolument digitalisée.








