Casablanca: le zoo de Aïn Sebaâ accueille le premier couple d’hippopotames nains du Maroc

Rui, hippopotame nain mâle âgé d’environ 24 mois, est arrivé du Portugal pour rejoindre Enikeu, une femelle déjà installée dans le zoo de Ain Sebaa depuis plusieurs mois.

Le zoo de Aïn Sebaâ vient d’accueillir un pensionnaire pour le moins exceptionnel. Rui, un hippopotame nain mâle âgé d’environ 24 mois, est arrivé du Portugal pour rejoindre Enikeu, une femelle déjà installée dans le parc animalier depuis plusieurs mois. Avec cette arrivée, le Maroc compte désormais les deux seuls hippopotames nains présents dans le pays, une espèce extrêmement rare à l’échelle internationale.

Le 07/03/2026 à 11h22

Avant son installation définitive, Rui a fait l’objet de procédures sanitaires strictes, menées avec succès par des spécialistes. Les examens vétérinaires ont nécessité une prise en charge particulière. Selon Mohamed Mgharfaoui, PDG et fondateur de Dream Village, société en charge de la gestion du zoo, ces analyses ont été réalisées par des experts habitués à travailler avec les hippopotames, un animal dont les caractéristiques biologiques exigent des protocoles spécifiques. «Il s’agit d’animaux baigneurs qui nécessitent un traitement particulier, notamment une anesthésie adaptée», explique-t-il.

Après ces contrôles médicaux et une courte période d’adaptation, le jeune hippopotame pourra être présenté au public dans les prochains jours.

Rui rejoint donc Enikeu, une femelle âgée de deux ans arrivée de Hongrie. Les deux animaux ont été introduits à un âge relativement jeune afin de faciliter leur adaptation à leur nouvel environnement.

L’objectif du zoo dépasse la simple exposition au public. Il s’inscrit également dans une démarche de conservation d’une espèce menacée, dont la reproduction en captivité constitue un enjeu important pour les programmes de préservation.

L’hippopotame nain (Choeropsis liberiensis) se distingue nettement de son célèbre cousin, l’hippopotame commun. Plus petit, plus discret et essentiellement nocturne, il vit principalement dans les forêts humides et les zones marécageuses d’Afrique de l’Ouest, notamment au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire.

Solitaire et très farouche, cet animal passe l’essentiel de son temps dissimulé dans une végétation dense, ce qui explique qu’il soit rarement observé à l’état sauvage.

Aujourd’hui, l’hippopotame nain est classé parmi les espèces en danger d’extinction. La destruction progressive des forêts, l’expansion humaine et le braconnage ont fortement réduit ses populations naturelles, désormais estimées à seulement quelques milliers d’individus à l’état sauvage.

Dans ce contexte, chaque individu constitue un véritable patrimoine vivant et symbolise la fragilité des écosystèmes africains.

L’arrivée de Rui à Casablanca offre ainsi au public marocain une occasion rare de découvrir un animal discret et peu connu.

À travers Enikeu et Rui, le zoo de Aïn Sebaâ souhaite sensibiliser petits et grands aux enjeux de la préservation de la biodiversité, soutient Mohamed Mgharfaoui.

Observer ces deux jeunes hippopotames nains, c’est aussi comprendre combien la faune sauvage reste fragile et combien la protection des habitats naturels demeure essentielle pour l’avenir de nombreuses espèces.

Par Wadie El Mouden
Le 07/03/2026 à 11h22