Casablanca: comment l’Entraide Nationale et le Samusocial se mobilisent pour les sans-abri cet hiver

هكذا تتجند عناصر الإسعاف الاجتماعي لمساعدة الأشخاص بدون مأوى في فصل الشتاء

Des membres de l'Entraide Nationale et du Samusocial dans les rues de Casablanca. (S.Belghiti/Le360)

Le 14/02/2026 à 14h51

VidéoAlors que la rigueur hivernale s’empare de Casablanca, une solidarité silencieuse se déploie au cœur des replis de la métropole. Dès la tombée de la nuit, des unités mobiles parcourent la ville pour rejoindre ceux que l’errance a fragilisés, leur offrant un rempart contre l’indifférence et le froid. Portée par l’Entraide Nationale et le Samusocial, cette mobilisation humanitaire dépasse l’urgence de la mise à l’abri pour restaurer, le temps d’une rencontre, un lien de dignité essentiel.

À Casablanca, dès que le crépuscule s’étire et que la morsure du froid gagne les artères de la métropole, une humanité de l’ombre s’active. Loin du tumulte et des lumières citadines, des brigades sociales sillonnent le paysage urbain pour rejoindre ceux que la rue a isolés. Ces interventions de proximité, piliers des campagnes hivernales portées par l’Entraide Nationale et le Samusocial, ne se limitent pas à une simple assistance: elles visent à restaurer la dignité et à offrir un rempart protecteur à des citoyens vulnérables, confrontés à la rigueur des intempéries et à la dureté de l’errance.

Pour Falek El Wassi, directeur régional de l’Entraide Nationale à Casablanca-Settat, la portée de ces campagnes transcende la seule problématique de l’hébergement d’urgence. Selon lui, cet élan de solidarité et de partage constitue un impératif moral qui devrait innerver l’ensemble de l’action sociale, bien au-delà des structures d’accueil pour personnes sans domicile fixe. Il conçoit cette mission sur le modèle de la médecine généraliste: une vocation d’accueil universelle, capable de recevoir et d’orienter toutes les situations de détresse, sans la moindre distinction.

L’opération hivernale s’inscrit dans le cadre des Hautes Instructions Royales visant à porter assistance aux personnes en situation de rue, particulièrement durant les périodes de grand froid. «La baisse significative des températures impose une action immédiate pour préserver des vies humaines», souligne Falek El Wassi. Chaque année, une circulaire est émise par l’administration centrale, appelant à l’intensification des campagnes quotidiennes dans l’ensemble des préfectures et provinces.

À Casablanca, huit équipes mobiles se relaient quotidiennement. Le travail commence dès la journée, par une phase de repérage des personnes vivant dans la rue. La nuit venue, les mêmes équipes retournent sur les lieux identifiés. «Nous tentons de les convaincre d’accepter l’hébergement, car il ne s’agit jamais d’une obligation. C’est un choix personnel», explique le responsable. Les équipes arpentent ruelles, avenues et artères principales, proposant une mise à l’abri dans plusieurs centres d’accueil répartis dans la ville.

Parmi les structures mobilisées figurent le centre social Dar Al Khair de Tit Mellil, spécialisé dans l’accueil d’urgence, le centre Othman Ibn Affan situé à Hay Mohammadi, ainsi que le centre Al Yaqout, relevant de l’arrondissement Al Fida–Mers Sultan. Un dispositif spécifique est également dédié aux femmes en situation de vulnérabilité. «Le centre Darna, dont la gestion est assurée par l’association Miftah El Kheir, accueille les femmes, bien que leur effectif demeure inférieur à celui des hommes», précise Falek El Wassi.

Du côté du Samusocial de Casablanca, la mobilisation est constante. «Nos équipes interviennent quotidiennement selon un déploiement opérationnel rigoureux», explique Miloudi Bouazzaoui, directeur du Samusocial. L’objectif de ces unités mobiles est double: prodiguer une assistance immédiate sur le terrain, puis accompagner les personnes vers les centres d’hébergement et de soins adaptés à leur situation.

«Notre action cible toutes les catégories: enfants, femmes, personnes âgées ou jeunes adultes. Personne n’est exclu de ce dispositif de secours», affirme-t-il. Face à la rudesse du climat et à la précarité sanitaire, la mise à l’abri s’impose comme une nécessité vitale. «Nous menons un travail de médiation pour les convaincre de quitter la rue et de rejoindre un lieu sûr pour leur propre protection», conclut-il.

Par Fatima El Karzabi et Sif El Belghiti
Le 14/02/2026 à 14h51