Allo Docteur! (EP3). Ramadan: qui est exempté de jeûne pour raisons de santé?

Ahmed Benboujida, médecin généraliste à Casablanca. (K.Sabbar/Le360)

Le 23/02/2026 à 16h25

VidéoDiabète, hépatite, cancer… Qui peut jeûner et qui doit s’en abstenir pour préserver son intégrité physique? Dans ce troisième épisode d’«Allo Docteur !», le Dr Ahmed Benboujida passe en revue les principales contre-indications médicales pouvant dispenser du jeûne. Entre foi et santé, découvrez ces profils à risque pour qui l’abstinence alimentaire peut représenter un péril vital.

En cette période de Ramadan, une question revient avec insistance dans les foyers comme dans les cabinets médicaux: qui doit jeûner et qui peut en être dispensé sans contrevenir aux principes religieux? Si le jeûne est souvent salué pour ses bienfaits sur la santé, il ne convient pas à tous. Pour certains, s’abstenir de manger et de boire n’est pas un simple choix spirituel, mais une équation délicate: forcer le passage peut entraîner des conséquences sérieuses.

Pour le docteur Ahmed Benboujida, médecin généraliste à Casablanca, la liste des «cartons rouges» est claire et ne laisse aucune place à l’improvisation. En tête de liste des contre-indications, on retrouve les diabétiques. «Les personnes qui sont dépendantes de l’insuline ne doivent pas jeûner», explique d’emblée le praticien.

Sans apport régulier en sucre pour compenser l’action de l’insuline, l’organisme risque le crash glycémique en seulement quelques heures. Pour ces patients, priver le corps de glucose pendant toute une journée revient à jouer avec le feu métabolique.

Le constat vaut également pour les patients souffrant de complications rénales ou cardiaques avancées. Ici, l’eau est un élément vital du fonctionnement de l’organisme. S’en priver, c’est s’exposer à une dégradation parfois irréversible des organes. Le risque est particulièrement élevé chez les patients suivant certains protocoles thérapeutiques: «Les personnes qui prennent des diurétiques, ces médicaments destinés à faciliter l’élimination urinaire, ne doivent pas jeûner», précise le médecin. L’interaction entre ces traitements et l’absence d’hydratation diurne peut, en effet, déséquilibrer gravement l’organisme.

Les pathologies lourdes, telles que les cancers ou les complications liées à l’hépatite C, figurent également dans le périmètre des dispenses médicales. Pour ces malades, l’énergie déployée par le corps pour combattre la maladie rend l’exercice du jeûne particulièrement éprouvant, voire risqué.

L’idée n’est donc pas de décider seul, mais de s’appuyer sur l’expertise clinique. «Le patient doit impérativement effectuer un examen chez son médecin traitant avant toute initiative», insiste le docteur Benboujida.

À travers un diagnostic complet et des analyses biologiques, le médecin a pour rôle de «faciliter la tâche» au fidèle. Cet arbitrage permet de savoir, avec certitude et selon l’état de santé de chacun, si le jeûne est envisageable ou si la dispense médicale s’impose pour protéger l’essentiel: le capital santé.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Sabbar
Le 23/02/2026 à 16h25