Affiliation à la CNSS: les cafetiers et restaurateurs plaident pour un dispositif adapté

Noureddine El Harrak, président de la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants du Maroc (FNPCR). (Y.Mannan/Le360)

Le 29/03/2026 à 09h32

VidéoConfrontée à un durcissement des contrôles de la CNSS, la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants du Maroc (FNPCR) engage des discussions avec les pouvoirs publics pour revoir les modalités d’affiliation. Objectif: mieux prendre en compte les disparités du secteur tout en garantissant les droits sociaux des salariés.

La Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants du Maroc (FNPCR) a engagé des concertations avec les pouvoirs publics afin de trouver une issue durable à la problématique de l’affiliation de ses adhérents à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). En ligne de mire: la mise en conformité d’un secteur encore marqué par des pratiques déclaratives hétérogènes.

Selon son président, Noureddine El Harrak, une partie des exploitants se retrouve confrontée à des contraintes qui les conduisent, dans certains cas, à ne pas déclarer l’ensemble de leurs salariés ou à procéder à des déclarations partielles. «Nous voulons régler définitivement ce dossier, qui pénalise une frange importante de la profession», a-t-il affirmé dans un entretien avec Le360.

Cette démarche intervient dans un contexte de renforcement des contrôles opérés par la CNSS au sein des établissements, tant en milieu urbain que rural. Objectif: lutter contre le travail non déclaré et élargir l’assiette des cotisations sociales. Les contrevenants s’exposent à des redressements assortis de pénalités financières, incluant le paiement rétroactif des cotisations sur une période pouvant aller jusqu’à quatre ans, ainsi que des amendes pour défaut de déclaration des salariés, lesquels sont pourtant éligibles à la couverture médicale, aux allocations familiales et aux droits à la retraite.

Face à cette pression réglementaire accrue, la FNPCR plaide pour une approche différenciée en matière d’affiliation à la CNSS. «Il n’est pas pertinent d’appliquer un régime uniforme à l’ensemble des établissements», souligne Noureddine El Harrak, mettant en avant les disparités structurelles entre les cafés et restaurants, tant en termes de chiffre d’affaires que d’implantation géographique. Un établissement haut de gamme situé dans une zone touristique ne saurait, selon lui, être soumis aux mêmes exigences qu’un café de petite taille implanté en milieu rural.

Si la Fédération reconnaît le caractère fondamental de la déclaration des salariés, elle appelle néanmoins à une adaptation du cadre réglementaire prenant en compte les spécificités économiques du secteur, déjà soumis à une pression fiscale et à une hausse des coûts d’exploitation, notamment des matières premières.

Les échanges engagés avec la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, sont jugés «encourageants» par les professionnels, qui espèrent aboutir à un dispositif plus équilibré conciliant impératifs de protection sociale et viabilité économique des établissements.

Pour rappel, la FNPCR, qui revendique près de 30.000 adhérents, constitue l’une des principales organisations professionnelles du secteur. Elle œuvre à la défense des intérêts des cafetiers et restaurateurs face aux enjeux fiscaux, sociaux et réglementaires, tout en alertant sur les contraintes pesant sur la pérennité de nombreuses unités.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 29/03/2026 à 09h32