Le débat s’amplifie sur l’impérieuse nécessité de réviser le Code du travail, plus de vingt ans après son entrée en vigueur. Dans un contexte où les partenaires sociaux réclament des amendements substantiels, la loi est jugée inadaptée aux profondes mutations du marché de l’emploi national.
«Intervenant lundi lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l’Emploi, Younes Sekkouri, a confirmé l’engagement du gouvernement, dans le cadre de l’accord social d’avril 2024, à ouvrir ce chantier législatif», rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du jeudi 8 janvier. Il a révélé avoir sollicité les syndicats en septembre 2025 et reçu leurs réponses, exprimant la volonté d’engager cette réforme «à l’unanimité». Deux voies sont envisagées: soit l’élaboration d’un projet de loi gouvernemental, soit, en cas d’impasse, une proposition de loi émanant des groupes parlementaires.
En amont, le ministère aurait invité les centrales syndicales à préparer des mémorandums sur la méthodologie à suivre et à formuler des propositions concrètes, en perspective d’un round de dialogue prévu dans les mois à venir. Cette démarche s’inscrit dans un climat socio-économique tendu, marqué par une recrudescence des accidents du travail et des lésions professionnelles, une situation aggravée par les moyens limités de l’inspection du travail, qui peine à couvrir l’ensemble des secteurs et à faire respecter la réglementation.
À plusieurs reprises, Younes Sekkouri a présenté cette réforme comme un chantier central du dialogue social. Il estime qu’une refonte complète du Code est essentielle pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale et édifier une société équilibrée, garantissant les droits de toutes les parties. «La version actuelle n’est plus en mesure de suivre les transformations rapides du marché du travail», a-t-il insisté, note Al Akhbar.
Les positions restent néanmoins contrastées. D’un côté, des partisans d’une réforme urgente pour mieux protéger les salariés et améliorer les conditions de travail. De l’autre, des voix qui mettent en garde contre des modifications susceptibles d’alourdir les contraintes pesant sur les entreprises et d’affecter leur compétitivité.







