Quand le gouvernement et la Région jouent la même partition

Le conseil de la région de l'Oriental.

Le conseil de la région de l'Oriental. . DR

Revue de presseKiosque360. Les régions viennent de lancer plusieurs projets dans le cadre de la programmation de leur budget. Leur principal aspect: ils reprennent les mêmes priorités que le gouvernement. Cet article est une revue de presse tirée de l’hebdomadaire La Vie éco.

Le 11/03/2022 à 21h35

Lorsque, au lendemain du scrutin du 8 septembre, on a constaté que la même coalition gouvernementale dirigerait également les douze régions et plusieurs grandes villes, on était loin d'imaginer que cette configuration allait porter ses fruits si vite.

Or, écrit l’hebdomadaire La Vie éco dans son édition du 11 mars, depuis l’installation des instances dirigeantes au niveau des régions et la formation de la majorité gouvernementale, un peu partout, et surtout de la part de l’opposition, on ne cesse de pointer du doigt ce que l’on considère comme une domination de trois formations, le RNI, le PAM et l’Istiqlal, sur la gestion des affaires publiques.

D’après l’hebdomadaire, ce que certains partis politiques ont qualifié d’antidémocratique, ou en tout cas de contraire au pluralisme politique, s’est révélé payant en termes d’intérêt général. Les faits en attestent d’ailleurs. Six mois après leur installation et au moment de lancer leur programme d’investissement pour l’exercice budgétaire en cours, les conseils régionaux ont veillé à ne point s’écarter de la politique gouvernementale telle que déclinée dans son programme voté par le Parlement.

On assiste, en effet, souligne La Vie éco, à une manifestation concrète de ce qu’est la rationalisation de la gestion publique. En d’autres termes, les régions se sont mobilisées, non pas pour prendre le contrepied de la politique gouvernementale, mais en complément à l’action de l’Exécutif. Les deux ne se marchent plus sur les pieds, mais agissent de concert. La région est manifestement en train de se substituer au gouvernement pour ce qui est du déploiement de certaines de ses prérogatives. Ce qui, après tout, est en totale conformité avec l’esprit de la régionalisation avancée telle qu’énoncé par la Constitution de 2011.

Des exemples, en voici. Dans la région de l’Oriental, dirigée par le PAM, qui est l’une des régions les plus touchées par le déficit hydrique, le Conseil régional vient de signer une convention pour la mise en œuvre des mesures structurantes d’urgence, prévues au niveau du bassin hydraulique de la Moulouya. Un budget de 1,5 milliard de DH a été réservé à cet effet. Dans la région de Fès-Meknès, le Conseil régional a programmé, dernièrement, un total de 332 projets d’un investissement global de près de 2,6 milliards de DH, dans le cadre du programme de réduction des disparités spatiales et sociales en milieu rural.

Mais c’est dans le Draâ-Tafilalet que les effets du changement de la carte politique sont plus perceptibles. Dirigée par le PJD lors du dernier mandat, cette région a connu un blocage institutionnel permanent. Ce n’est plus le cas. Elle vient d’adopter son programme de développement régional, fruit d’une concertation continue, élaboré sur la base des propositions des élus et des citoyens qui ont déterminé les besoins les plus importants.

Autre exemple de cette convergence de vision entre le gouvernement et la Région, poursuit l’hebdomadaire, le cas de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, présidée par le RNI. Le Conseil de la région, en partenariat avec d’autres acteurs institutionnels, envisage de lancer un fonds de soutien aux entreprises, d’attraction de l’investissement et d’insertion sur le marché du travail.

Dans la région de Casablanca-Settat, plusieurs projets de développement à caractère économique, écologique et socioculturel ont été validés pour un investissement global de plus de 2,9 milliards de DH. Ces projets portent sur plusieurs domaines. C’est le cas également de la région de Souss-Massa. Dans tous ces projets, on retrouve le triptyque retenu, à un niveau plus haut, dans le programme du gouvernement.

Par Amyne Asmlal
Le 11/03/2022 à 21h35