Parlement: clôture de la 1ère session législative 2025-2026 sur fond de divergences

Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami.

Le 04/02/2026 à 12h03

VidéoClôturée le 3 février, la première session de l’actuelle année législative suscite des appréciations contrastées au sein des deux Chambres du parlement. Tandis que la majorité gouvernementale met en avant l’adoption de plusieurs textes structurants, l’opposition dénonce un rendement jugé insuffisant et le rejet de nombreuses initiatives parlementaires, à l’approche d’une dernière session avant les élections de 2026.

Qu’ils appartiennent aux rangs de la majorité gouvernementale ou qu’ils siègent dans l’opposition, les partis politiques livrent une lecture contrastée du bilan de la première session législative, clôturée dans la soirée du 3 février. Tandis que les composantes de la majorité parlementaire — notamment le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal — se félicitent du travail accompli au cours de cette séquence, l’opposition estime, pour sa part, que les résultats demeurent en deçà des attentes.

À la Chambre des représentants comme à la Chambre des conseillers, les élus de la coalition majoritaire se déclarent globalement satisfaits des textes examinés et des réformes engagées. En revanche, les groupes d’opposition dénoncent un bilan jugé insuffisant, pointant du doigt le rejet par l’Exécutif de nombreuses propositions de loi émanant des représentants de la Nation.

«Nous déplorons le rejet d’un grand nombre de nos initiatives législatives, la majorité n’ayant consenti à retenir qu’une infime partie de nos propositions», confie, non sans amertume, un député du Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Conformément aux dispositions constitutionnelles, la deuxième session législative s’ouvrira le deuxième vendredi du mois d’avril prochain. Elle revêt une portée particulière, puisqu’elle constituera la dernière session ordinaire de cette législature avant les prochaines élections législatives prévues en septembre 2026.

Sur le volet législatif, le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, a indiqué, lors de la séance de clôture du 3 février, que 27 projets de loi ont été adoptés au cours de cette session. Parmi eux figurent la loi de finances 2026, ainsi que plusieurs textes relatifs à la réforme de la justice, de l’enseignement supérieur, et diverses dispositions encadrant l’organisation des échéances électorales à venir.

Selon lui, ces textes traduisent une volonté de consolider les droits et libertés dans leurs dimensions politique, économique et sociale, de consacrer les fondements de l’État de droit, et d’accompagner la dynamique de développement que connaît le Royaume sous l’impulsion de Sa Majesté le roi Mohammed VI.

Cette session parlementaire a également été marquée par une activité de contrôle soutenue. Quatorze séances hebdomadaires ont été consacrées aux questions orales adressées aux membres du gouvernement. Sur les 670 questions orales déposées, 484 ont été programmées. En parallèle, 2.269 questions écrites ont été soumises à l’Exécutif, mais la Chambre n’a enregistré que 1.052 réponses écrites, un chiffre qui alimente les critiques récurrentes sur la réactivité gouvernementale.

De son côté, le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Oueld Errachid, n’a pas tari d’éloges sur le rôle croissant de la diplomatie parlementaire menée par la deuxième Chambre, mettant en avant son action sur la scène régionale et internationale.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 04/02/2026 à 12h03