Un défaut de paiement des primes de rendement dues aux fonctionnaires du secrétariat-greffe a provoqué une vive agitation au sein de l’appareil judiciaire. Ce retard, imputé au ministère de la Justice, a ravivé les tensions avec les représentants syndicaux, qui dénoncent des «atermoiements» préjudiciables à la confiance institutionnelle.
Les greffiers expriment leur stupéfaction face à ce qu’ils considèrent comme des tergiversations du ministère de tutelle, alors que les délais impartis pour le versement de ces indemnités sont désormais largement dépassés, rapporte Al Akhbar de ce mardi 3 mars. Dans une déclaration, le bureau national du syndicat démocratique de la justice, affilié à la Fédération Démocratique du Travail (FDT), rappelle que le ministère s’était pourtant engagé, lors de la dernière session du dialogue sectoriel, à honorer ces paiements avant la fin du mois de janvier 2026.
Selon une source syndicale, cette persistance dans le retard ne fait qu’alimenter des conjectures préoccupantes au sein du secteur et sape la crédibilité même du dialogue social. «Nous avons exhorté le ministère à sortir de son silence et à clarifier les raisons de ce blocage, mais aucune explication officielle n’a été fournie à ce jour», déplore notre interlocuteur.
L’inquiétude s’est accrue ces derniers jours avec la propagation d’informations non confirmées au sein du ministère. Certaines évoquent un refus des services du ministère de l’Économie et des finances d’entériner les notes d’évaluation du personnel attribuées au titre de l’année 2025. D’autres sources laissent entendre que l’indemnité pourrait être plafonnée à 150% du salaire, et que sa base bénéficiaire serait considérablement élargie à des catégories étrangères au corps des greffiers.
De recoupements concordants, émane également l’idée que le ministère de la Justice étudie sérieusement la possibilité d’étendre le bénéfice de cette prime aux fonctionnaires mis à disposition, y compris certains éléments des Forces auxiliaires. Une orientation qui suscite de vives réserves au sein de la corporation, indique le quotidien Al Akhbar.
Les mêmes sources indiquent qu’une telle extension entraînerait mécaniquement une diminution de la valeur individuelle de l’indemnité, l’enveloppe financière allouée étant indexée sur un pourcentage précis de la masse salariale des greffiers. «Nous ne nous opposons pas à ce que nos collègues mis à disposition puissent bénéficier de cette prime, mais nous refusons catégoriquement que cela se fasse au détriment de nos droits et des acquis financiers que nous avons durement obtenus», conclut une source syndicale.








