La possibilité que l’issue des négociations autour de l’autonomie débouche sur le report des élections législatives, accompagné d’une prorogation d’un an du mandat de la Chambre des représentants, ainsi que sur l’adoption d’amendements constitutionnels, est sur la table. C’est du moins ce que rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 28 février-1er mars.
Une telle révision constitutionnelle s’imposerait d’elle-même, dans la mesure où elle entraînerait nécessairement l’adoption de nouvelles lois institutionnelles liées à la mise en œuvre de l’autonomie, écrit Assabah. Ce chantier rendrait difficile le respect du calendrier électoral à venir. Les prochaines législatives, déjà perçues comme un tournant décisif, pourraient ainsi se transformer en test politique grandeur nature pour mesurer la capacité de l’État à traduire le projet d’autonomie en réalité concrète. L’enjeu serait aussi de consolider l’image du Maroc comme un État capable de concilier la revendication de sa souveraineté sur une partie de son territoire et les exigences de l’ouverture démocratique, mot d’ordre porté par les forces vives et démocratiques du pays.
Cités par Assabah, des analystes de la vie politique estiment que l’État, engagé dans une bataille diplomatique pour élargir le soutien international à sa cause, est parallèlement tenu de renforcer la confiance des électeurs à travers des scrutins transparents. Un engagement réitéré à plusieurs reprises par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, devant le Parlement.
La question demeure de savoir si le dossier de l’intégrité territoriale, qui progresse sur ce qui est présenté comme la bonne voie sous l’impulsion du roi Mohammed VI, conduira à un report des législatives et à une prolongation exceptionnelle du mandat parlementaire d’un an, dans le cadre d’une phase transitoire liée aux négociations en cours entre le Maroc et les parties concernées (l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario) sous l’égide des Nations unies et avec le suivi attentif de l’administration américaine, en vue de l’application de la résolution 2797 du Conseil de sécurité relative au règlement du différend autour du Sahara et à la mise en œuvre de l’autonomie sous souveraineté marocaine.
Assabah relève par ailleurs que la probabilité d’un report est renforcée par la relative torpeur qui règne au sein des sièges des partis politiques. Rien n’indique que ces formations vivent au rythme d’une année électorale, comme c’était le cas à l’approche des précédents scrutins législatifs.








