Le rapport de Guterres suscite la colère des familles des victimes de Gdeïm Izik

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU.
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU. . DR

Revue de presseKiosque360. Le Secrétaire général de l’ONU a évoqué, dans son rapport, cette affaire qu'il qualifie de «procès politique», comme il qualifie les criminels d’«activistes». Ce que les familles des victimes considèrent comme un traitement inéquitable.

Le 11/04/2018 à 20h35

Le dossier des détenus dans l’affaire Gdeim Izik a curieusement retrouvé écho dans le rapport soumis, au début du mois, par Antonio Guterres au Conseil de sécurité. Or, dans son rapport, le Secrétaire général de l’ONU ne s'est pas montré équitable puisqu'il ne s'est appuyé que sur une version des faits, à savoir celle du Polisario, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 12 avril.

Le rapport parle, en effet, d’un «procès politique», alors que tous les observateurs internationaux qui ont suivi de près cette affaire insistent sur son caractère éminemment pénal et, surtout, sur les conditions de jugement jugées exemplaires. Ce qui a poussé la Coordination des familles et amis des victimes de Gdeim Izik a réagir énergiquement en exprimant, dans un message adressé à Antonio Guterres, son «étonnement» quant aux mobiles poussant à intégrer ce dossier dans celui du conflit relatif au Sahara.

Le conflit relatif au Sahara, qui connaît un processus de règlement sous l'égide de l'ONU, n’a pourtant rien à voir avec cette affaire qui revêt un caractère juridique et pénal et implique des personnes poursuivies pour des actes condamnés par le droit international et la législation nationale, ont notamment écrit les familles des victimes au Secrétaire général de l’ONU.

Dans son message, la Coordination affirme que le paragraphe du rapport qui évoque cette affaire manque d'équilibre et reste favorable à une partie au détriment d'une autre. Ce qui lui ôte toute crédibilité. En outre, qualifier les détenus de Gdeim Izik d’«activistes» n'est nullement compatible avec leur statut juridique dans le dossier, puisqu'ils ont été condamnés pour avoir commis des actes criminels. De plus, ce qualificatif peut laisser entendre que le Secrétaire général adhère au point de vue et aux communiqués du Polisario qui utilisent ce même terme, a notamment observé l'Association dans ce message.

Par ailleurs, note la même source, le rapport a ignoré les victimes de Gdeim Izik. «Ce sont nos fils que les criminels précités ont meurtri et souillé, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et des différents instruments internationaux des droits de l'Homme », expliquent les membres de la Coordination.

Al Ahdath Al Maghribia, tout en exposant la réaction des familles et amis des victimes de Gdeim Izik, est longuement revenu sur les détails de cette affaire, les circonstances dans lesquelles elle a éclaté et les réactions internationales qu'elle a suscitées.

Par Amyne Asmlal
Le 11/04/2018 à 20h35