Un climat de grande discrétion entoure des divergences profondes qui marquent les réunions de la commission nationale élargie chargée des élections au sein du Parti authenticité et modernité. En coulisses, les positions des membres de cette instance divergent fortement sur la question de la reconduction ou non de certaines figures du parti, perçues comme proches de tel ou tel dirigeant influent.
Dans son édition du lundi 12 janvier, le quotidien Assabah indique qu’au sein du parlement du parti, le Conseil national, plusieurs voix expriment leurs inquiétudes face au risque de voir la commission s’égarer dans ses choix, en privilégiant certains candidats au détriment d’autres pour des considérations relevant davantage de compromis internes, d’arrangements ou de calculs personnels que de critères objectifs. Selon ces élus, la désignation des candidats devrait exclusivement reposer sur des bases claires et rationnelles, combinant compétence, probité et réelles chances de victoire électorale.
Dans ce contexte tendu, certaines figures électorales jugées « grillées » en interne tenteraient de faire jouer leurs réseaux et leurs appuis au sein du parti afin d’obtenir à nouveau l’investiture. Pourtant, leur bilan parlementaire est largement critiqué. Leur présence au sein de l’institution législative est qualifiée de très limitée, voire symbolique, se résumant souvent à une apparition occasionnelle sans prise de parole notable sous la coupole du Parlement. Ces élus sont accusés de se contenter d’une présence formelle avant de regagner leurs villes respectives, sans véritable contribution au travail législatif, alors même que d’autres députés du PAM font preuve d’un engagement soutenu et d’une réelle loyauté envers leur parti et leur groupe parlementaire.
«Face à ces dérives redoutées, plusieurs militants et cadres du PAM disent placer leurs espoirs dans la vigilance et le discernement de Fatima-Zahra Mansouri, épaulée par Mehdi Bensaid et Fatima Saâdi», affirme Assabah. Ils attendent de ce trio qu’il exerce un contrôle étroit sur ce qui se trame dans les coulisses de la commission nationale des élections, notamment sur les mécanismes qui favorisent certains noms et en marginalisent d’autres sur la base de justifications parfois jugées fragiles. Pour ces observateurs internes, une telle gestion pourrait représenter une menace sérieuse pour l’avenir du parti lors des législatives de 2026, la confiance excessive étant souvent porteuse de conséquences négatives.
Parallèlement à ces tensions au sein de la commission nationale, dont Fatima-Zahra Mansouri a décidé d’assurer personnellement certaines réunions afin de limiter les dérapages, de fortes secousses organisationnelles sont régulièrement observées dans plusieurs structures locales du parti. Ces perturbations touchent particulièrement certaines grandes villes à l’approche de la validation définitive des candidatures pour les élections de 2026 et sont attribuées à la faiblesse manifeste de plusieurs secrétaires régionaux et provinciaux.
À Casablanca, des luttes ouvertes ont éclaté, non seulement dans les sièges du parti, mais aussi dans des lieux informels comme les cafés. Des figures influentes du PAM s’y affrontent verbalement, s’accusant mutuellement de trahison et de coups bas, chacun cherchant à obtenir l’investiture tout en tentant d’en priver ses concurrents internes.
Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, de nombreux militants s’accordent à dire que le PAM souffre d’un mal organisationnel chronique. Ce dysfonctionnement aurait conduit à une forme de paralysie, notamment parmi les grands élus. Selon plusieurs témoignages internes repris par Assabah, la responsabilité principale incomberait au maire de la ville, accusé de ne pas avoir tiré les leçons du passé et de persister dans des erreurs de gestion politique et organisationnelle.
Un conseiller communal du PAM à l’arrondissement de Tanger-ville s’est interrogé sur l’absence totale d’esprit d’équipe au sein du parti. Il décrit un climat marqué par des fractures et des conflits persistants entre conseillers et conseillères, sans raisons objectives apparentes, et déplore l’absence de toute initiative de la part du président de la commune, qui occupe également le poste de secrétaire provincial, pour apaiser les tensions et restaurer la cohésion organisationnelle.








