Le Mali porte un coup très dur à Alger en retirant sa reconnaissance à la fantomatique «Rasd»

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, à l'issue d'une rencontre avec son homologue marocain, Nasser Bourita.

C’est un tournant diplomatique décisif que vient d’enregistrer ce vendredi 10 avril la sous-région nord-ouest africaine. Le Mali, pays voisin de l’Algérie et vaisseau amiral de l’Alliance des pays du Sahel (AES), a officiellement annoncé avoir retiré sa reconnaissance de la pseudo «Rasd». Par la même occasion, il déclare soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara comme seule base crédible pour le règlement de ce différend. Ce basculement constitue une onde de choc diplomatique de grande amplitude pour le régime d’Alger.

Le 10/04/2026 à 17h49

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) soutiennent désormais au complet la marocanité du Sahara. Après le Niger et le Burkina Faso, le Mali a annoncé son soutien au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine du Sahara et a officiellement retiré, ce 10 avril, sa reconnaissance à la fantomatique «Rasd».

C’est le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, qui a fait cette annonce, en présence de son homologue marocain, Nasser Bourita, actuellement en visite officielle au Mali sur hautes instructions du roi Mohammed VI.

Le chef de la diplomatie malienne a précisé que la décision de son pays vise à se conformer à la légalité internationale, en se référant en particulier à la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui consacre l’autonomie sous souveraineté marocaine du Sahara. Pour mieux acter et donner un retentissement régional et international à sa décision de retirer sa reconnaissance de la «Rasd», le Mali s’est engagé à la communiquer à toutes les organisations internationales et régionales dont il est membre, ainsi que de la notifier à l’ensemble du corps diplomatique accrédité à Bamako.

Cette importante décision prise par le Mali ne constitue pas, en elle-même, une surprise. Elle était toutefois très attendue, compte tenu du rapprochement entre Rabat et Bamako, de l’évolution du dossier, qui bascule irréversiblement en faveur du Royaume, et de l’impéritie du régime d’Alger, qui a multiplié les actes hostiles à l’égard de son voisin méridional.

Ces dernières années ont été marquées en effet, sur la plan mondial, par une cascade de retraits, par une demi-centaine d’États africains, latino-américains ou des Caraïbes de leur reconnaissance de la pseudo-«Rasd», alors que les puissances mondiales comme les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne… ont ouvertement reconnu l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base à un règlement du différend du Sahara. La majorité de ces pays a d’ailleurs joint l’acte à la parole en ouvrant des consulats dans les deux principales villes du Sahara marocain (Laâyoune et Dakhla), et y a même engagé, pour certains, comme la France, les USA et la Chine, de gros investissements économiques.

Cette tendance mondiale à la reconnaissance de la marocanité du Sahara a été renforcée par la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a apporté son soutien à une autonomie sous souveraineté marocaine du Sahara. Le Mali s’est donc inscrit dans cette dynamique internationale et s’est conformé également à celle de ses alliés de l’AES.

Bien qu’en rupture avec le régime d’Alger depuis plus de deux ans, le Mali a patiemment attendu avant de rompre la dernière attache qui le liait encore à l’Algérie, la plus importante pour cette dernière. En effet, pour Alger, la reconnaissance de la «Rasd» par un pays tiers est érigée en intérêt suprême. Le retrait de cette reconnaissance par le Mali devrait ainsi être ressenti à Alger comme un véritable séisme diplomatique.

Pourtant, malgré les passes d’armes verbales avec les autorités maliennes — dont certaines à la tribune des Nations unies — et la rupture totale des relations entre les deux pays, l’Algérie n’a cessé de tenter de faire revenir le Mali dans son giron. Elle a même misé sur le Niger pour exercer une pression sur Bamako, voire l’isoler sur le plan régional, en cherchant à fragiliser l’Alliance des États du Sahel. En vain. Entre Alger et Bamako, c’est un scénario de rupture qui rappelle, à bien des égards, celui ayant marqué les relations algéro-marocaines.

Depuis que le Mali a déclaré caduc l’Accord d’Alger sur la paix entre les factions maliennes, en janvier 2024, l’Algérie a en effet définitivement perdu pied dans ce pays.

Pire, l’Algérie a été régulièrement accusée de soutenir à la fois les groupes terroristes actifs au Sahel et la rébellion touarègue dans le nord du Mali. L’incident d’un drone malien abattu par l’armée algérienne, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, a mis le feu aux poudres entre les deux pays voisins, qui ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs. Depuis, les tensions se sont encore durcies. Les deux pays se qualifient mutuellement de «junte». Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a par ailleurs accusé, lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, le régime d’Alger d’être un «parrain du terrorisme», qualifiant également son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, d’«énergumène».

Le retrait par le Mali de la reconnaissance de la chimérique «Rasd» concomitamment à la proclamation de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme unique base à une solution du conflit du Sahara est à mettre dans la même catégorie des succès du Royaume que les annonces de Washington, de Madrid ou de Paris. Le Mali est une puissance du Sahel et un pays que le régime d’Alger considérait comme son arrière-cour. Il s’agit donc, non seulement d’un cuisant échec pour Alger, mais d’un véritable naufrage.

Par Mohammed Ould Boah
Le 10/04/2026 à 17h49