Gouvernement: Laenser accuse Benkirane d’être à l'origine du blocage

Mohand Laenser et Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné.
Mohand Laenser et Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné. . DR

Revue de presseKiosque360. Pour Mohand Laenser, le chef de gouvernement désigné doit changer de méthode et arrêter de rejeter sur les autres la responsabilité du blocage actuel qui touche la formation de son gouvernement. La balle est désormais dans son camp, c’est donc à lui de trouver la solution.

Le 09/12/2016 à 21h18

La logique du chef de gouvernement mènera inéluctablement à une crise politique. L’affirmation de Mohand Laenser qui, pour une fois, met de côté son calme et sa sérénité pour tirer la sonnette d’alarme, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghrebia dans son édition du week-end des 10 et 11 décembre.

Le chef de file du MP attribue le blocage que connaît le processus de formation de gouvernement à la logique des négociations adoptée par Benkirane. Le chef de gouvernement désigné veut imposer ses conditions et sa volonté à ses partenaires, une manière de faire qui, selon Laenser, a débouché sur la naissance de deux clans politiques opposés. Ainsi, au lieu de veiller à faciliter les négociations, Benkirane a tenu sciemment à les compliquer, note le dirigeant haraki.

Pis encore, assure Laenser, le chef de gouvernement désigné a fait en sorte qu’un clan, le sien, accuse l’autre de violer la Constitution et de passer outre les règles et les principes démocratiques. Ce qu’il considère comme des accusations graves. Le patron du MP fait observer, par ailleurs, que la Constitution n’impose à aucun parti de répondre favorablement aux attentes et à l’invitation de chef de gouvernement désigné. Il n’y pas non plus dans la loi suprême qui oblige ce dernier à satisfaire les exigences de ses futurs alliés.

En définitive, selon Laenser, la balle est aujourd’hui dans le camp de Benkirane. «Quel que soit le degré d’amitié ou de sympathie qui nous lie à une partie ou une autre, cela ne peut être une raison valable pour hypothéquer l’avenir du pays», assène-t-il. Et d'ajouter qu’«il est du devoir du chef de gouvernement et du parti concerné aussi (ndlr, l’Istiqlal en l’occurrence), de mettre fin à cette situation. On ne peut pas rejeter la responsabilité sur l’autre partie qui, elle, ne demande que la confiance, la cohésion et l’efficacité».

Le message de Laenser, adressé clairement à Benkirane, porte particulièrement sur les mécanismes des négociations. Il considère que Benkirane manque de capacités et d’aptitudes de négociations. Pour Laenser, négocier ce n’est pas satisfaire les volontés des uns et des autres, mais concrétiser les voies possibles et raisonnables. Au lieu de cela, «Benkirane a essayé d’imposer le duo, le PPS et l’Istiqlal, et demande aux autres de compléter, arithmétiquement, sa majorité».

Par Amyne Asmlal
Le 09/12/2016 à 21h18