La deuxième phase du processus de paix à Gaza prévoit notamment la démilitarisation du Hamas, le retrait des troupes israéliennes et l’installation d’un comité technocratique palestinien de gouvernance. Selon des informations rapportées par le média américain Axios, les États-Unis redoutent qu’en l’absence de progrès concrets, la situation à Gaza ne bascule de nouveau vers une guerre ouverte.
Sur le plan humanitaire, des avancées notables ont toutefois été enregistrées. L’ONU a indiqué que, pour la première fois depuis 2023, l’ensemble des besoins alimentaires de base de la population de Gaza a été couvert. En revanche, la crise du logement reste aiguë: la quasi-totalité des habitants de l’enclave ont été déplacés et des centaines de milliers de personnes vivent toujours sous des tentes, alors qu’Israël continue de restreindre l’entrée de grandes structures d’hébergement, invoquant des impératifs sécuritaires.
C’est dans ce contexte que Washington a décidé d’enclencher la deuxième phase de l’accord afin de «créer une dynamique». «Aujourd’hui, au nom du président Trump, nous annonçons le lancement de la deuxième phase du plan en 20 points du président pour mettre fin au conflit de Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction», a déclaré l’envoyé spécial de la Maison Blanche, Steve Witkoff. Ce dernier a également averti que tout manquement du Hamas à ses engagements, notamment la restitution de la dépouille du dernier otage israélien décédé, entraînerait «de graves conséquences».
Sur le volet politique, l’Égypte a annoncé la mise en place d’un comité technocratique palestinien à l’issue d’une réunion tenue au Caire. Dirigé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, ce comité sera composé exclusivement de personnalités originaires de Gaza.
Le Maroc, acteur clé du processus de paix
Mais l’un des points les plus sensibles de cette deuxième phase concerne la sécurité. Les États-Unis n’ont pas encore officialisé la composition de la Force internationale de stabilisation appelée à assurer la sécurité à Gaza durant la période de transition. Selon des responsables américains cités par Axios, le Maroc et l’Indonésie figurent parmi les principaux pays pressentis pour fournir des troupes, soulignant ainsi la confiance accordée à Rabat et son positionnement croissant comme acteur crédible et modéré dans les dossiers régionaux sensibles.
Cette éventuelle contribution marocaine s’inscrirait dans la continuité de l’engagement diplomatique et sécuritaire du Royaume en faveur de la stabilité au Moyen-Orient, ainsi que de son rôle reconnu dans les missions de maintien de la paix et les initiatives multilatérales sous l’égide internationale.
Dans les prochains jours, la Maison Blanche devrait annoncer la création officielle du «Conseil de la paix», un organe chargé de superviser le comité technocratique palestinien et le processus de reconstruction. Plusieurs pays ont déjà reçu des invitations pour y siéger, et le président Trump devrait présider la première réunion du Conseil la semaine prochaine, en marge du Forum économique mondial de Davos.








