Dans ce contexte de pression inflationniste et de multiples revendications, liées notamment aux conditions de vie des travailleurs aux revenus modestes et des retraités, le gouvernement vient de relancer le dialogue social, et confirme la tenue de la session prévue en ce mois d’avril. Les centrales syndicales les plus représentatives ont donc été conviées à cette session du dialogue social, confirme le secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), Khalid Alami Houir, qui a reçu son invitation à ce nouveau round de discussions, après avoir refusé de prendre part à une réunion de la commission technique chargée de la réforme des caisses de retraite.
La CDT, relaie Assabah de ce jeudi 9 avril, avait exigé que ces discussions figurent à l’ordre du jour de cette réunion. La session d’avril, indiquent des sources auprès de la CDT, qui intervient quelques semaines avant la fête du Travail, le 1er mai prochain, sera «l’occasion de soulever toutes les questions qui concernent la classe ouvrière, dont le respect des précédents engagements du gouvernement, l’augmentation des salaires et des pensions, en plus des libertés syndicales et des revendications des catégories sectorielles».
Le quotidien indique que le secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), Khalid Alami Houir, a répondu la semaine dernière par une autre lettre à l’invitation formulée par le chef du gouvernement, lui demandant «de prendre des mesures pour éviter les répercussions des hausses des prix des carburants sur le pouvoir d’achat des consommateurs». Il a aussi dénoncé, dans ce courrier, «une crise structurelle» affectant les stocks et les prix.
Pour Khalid Alami Houir, ces dysfonctionnements sont provoqués par les politiques sectorielles mises en œuvre depuis des décennies par les gouvernements successifs, à cause «de la privatisation des participations de l’État dans la distribution des produits pétroliers à partir de 1995, puis dans le raffinage à partir de 1997, et de la décision de libéraliser totalement les prix des carburants fin 2015, avec la suppression du système de compensation».
Dès lors, quand les cours mondiaux du pétrole s’envolent, à cause de conflits géopolitiques, de tensions globales ou même d’aléas logistiques maritimes, les prix dans les stations-service augmentent immédiatement, ce qui grève le pouvoir d’achat des consommateurs et menace la base même de la sécurité énergétique du pays, avertit ce courrier du secrétaire général de la CDT.
C’est la raison pour laquelle Khalid Alami Houir a appelé Aziz Akhannouch à agir, en sa qualité de chef du gouvernement, estimant que «les dispositifs mis en place, dont l’aide exceptionnelle aux professionnels, et le soutien social ciblant les travailleurs aux revenus modestes, n’ont qu’un impact limité et ne répondent pas à l’ampleur des défis».
La CDT propose donc une «décision de libéralisation des prix des carburants, en s’appuyant sur une argumentation juridique qui renvoie à l’article 2 de la loi n° 12.104 relative à la liberté des prix et de la concurrence, ainsi qu’au décret d’application n° 2.14.652».
L’alternative, précise la centrale syndicale, serait de revenir à une «régulation des prix fondée sur des mécanismes qui protègent le pouvoir d’achat: un allègement de la pression fiscale ou l’adoption de formules de soutien pour tous», ce qui s’explique, estime la CDT, par le fait que les conditions requises pour le libre-jeu de la concurrence ne sont pas réunies, des soupçons de positions monopolistiques, et des marges bénéficiaires excessives.




