Éludant les problèmes internes de son parti, Lachguar charge le gouvernement

Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP.

Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP. . DR

Revue de presseKiosque360. Résigné, l’USFP assume déjà son rôle de parti de l’opposition. Il charge le gouvernement et la majorité, tout en assurant que le «soutien critique» au gouvernement n’est qu’une hérésie. Cet article est une revue de presse du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 21/11/2021 à 19h59

Encore grisé par les résultats qu’il a obtenu lors des dernières échéances du 8 septembre, Driss Lachguar revient sur les événements qui se sont déroulés juste après ces élections, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 22 novembre.

Si son parti a tardé à annoncer sa position, c’est par choix, a-t-il affirmé. Le gouvernement, assure-t-il, a démarré dans la perturbation et le cafouillage, il est resté fermé à la démarche participative et ses trois composantes, fortes de leur avantage numérique, ont fait le choix de la domination.

N’ayant plus d’autre alternative, l’USFP a été acculé à l’opposition. Naturellement, l’appui conditionnel aura été une autre option. Mais d’après Driss Lachguar, il s’agit d’une hérésie. Le soutien conditionnel ou critique au gouvernement pour lequel ont opté au début certaines formations, explique-t-il, ne date pas d’hier. C’est un choix politique qui a fait son apparition avec le gouvernement d’Abderrahmane Youssoufi, mais dans des conditions et une conjoncture particulières. Nous ne sommes pas dans la même situation aujourd’hui, ce qui fait que d’après lui, les formations représentées au Parlement et qui ne sont pas au gouvernement, doivent assumer pleinement leur rôle de partis d’opposition.

Pour le premier secrétaire de l’USFP, le Maroc vit une stabilité politique et institutionnelle. Le Royaume vient d’organiser des élections qui ont donné lieu à la formation d’un gouvernement. Lequel gouvernement pourrait éventuellement changer à l’occasion d’un remaniement ou aux prochain scrutin législatif. Rien de plus normal. La question du soutien critique ne se pose donc pas dans les conditions actuelles.

L’USFP, poursuit son patron, a donc fait le bon choix en optant pour l’opposition. D’ailleurs, les choix faits par le gouvernement, ses premières décisions, ses débuts en général confirment, estime-il, la pertinence de cette option. 

Plus encore, finalement résigné, l’USFP estime que sa présence à l’opposition, un peu malgré lui, est une occasion pour préparer la deuxième mi-temps de l’Alternance. C’est donc une sorte de fuite en avant pour le Premier secrétaire, qui a sciemment éludé la situation organisationnelle de la formation, lors de son intervention devant la session ordinaire du conseil tenue le week-end dernier. Pour ce dernier, l’USFP devrait tirer profit de sa présence dans l’opposition pour mieux se préparer pour diriger le prochain gouvernement.

Tout à fait à l’opposé, le président du l’instance décisionnelle du parti, Habib El Malki, lui, s’est justement attardé sur l’organisation et appelé ses camarades a faire une pause, le moment de réfléchir sur la situation interne du parti. Pour El Malki, le 11e congrès de l’USFP, qui se tient fin janvier prochain, devrait constituer une opportunité pour injecter du sang neuf dans toutes ses organisations. Les changements que connaît le monde autour de nous, poursuit-il, vont immanquablement impacter également le discours et les choix sociaux du parti.

Par Amyne Asmlal
Le 21/11/2021 à 19h59