La mise en œuvre des réformes numériques dans les collectivités locales se heurte à de fortes résistances. Dans son édition du lundi 26 janvier, le quotidien Assabah fait part de «lobbies administratifs» qui freinent les efforts entrepris par le ministère de l’Intérieur pour moderniser ces espaces, dans le but de lutter contre la corruption et la paperasserie, encore très répandue dans les administrations locales.
Face à l’afflux constant de plaintes et de réclamations, le ministère a décidé d’accélérer la digitalisation des collectivités locales. Objectif affiché: réduire le recours aux documents papier, source de lenteurs et de fraudes, et soulager les citoyens dans leurs démarches administratives. Pour ce faire, plusieurs circulaires ont été émises, invitant les gouverneurs et les préfets à appliquer rapidement ces directives.
Dans cette perspective, le ministère a mis à disposition des collectivités une série de plateformes et d’applications numériques, conçues pour anticiper et simplifier le fonctionnement interne des administrations locales. Ces outils visent à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens et aux entreprises, renforcer l’efficacité des administrations territoriales et favoriser la participation nationale.
Ces applications couvrent cinq domaines essentiels pour la population, précise Assabah. Il s’agit des relations avec les citoyens et les entreprises, de l’état civil, de la délivrance de permis, de la gestion des travaux des conseils locaux et, enfin, de la gestion financière.
La digitalisation des conseils locaux s’inscrit dans le cadre d’un processus plus large de réforme administrative. Le ministère de l’Intérieur estime en effet que l’administration marocaine a été dépassée par le temps. Ses méthodes de gestion et ses relations avec les citoyens et le secteur privé reflètent un certain retard qu’il est urgent de combler.
Pourtant, l’adoption de la numérisation rencontre plusieurs obstacles, a-t-on pu lire. La résistance du personnel est particulièrement notable. Certains employés hésitent à renoncer à des prérogatives autrefois déléguées par les présidents des collectivités. Ces délégations, qui ont permis à des agents modestes d’acquérir des avantages financiers considérables, représentent aujourd’hui un frein au changement. La question se pose notamment pour la validation des signatures dans les communes et arrondissements, ainsi que pour les dossiers liés à l’immobilier, l’urbanisme et les permis, a-t-on encore pu lire dans Assabah.
Malgré ces difficultés, la digitalisation est désormais perçue comme une nécessité urgente. Le ministère de l’Intérieur est conscient que le passage au numérique n’est plus une option. Tous les citoyens vivent dans un environnement digitalisé, avec ses avantages mais aussi ses risques. L’enjeu majeur de cette phase avancée de la mondialisation est donc de savoir comment interagir efficacement avec les exigences du monde numérique.
La décision de numériser les services des collectivités locales s’inscrit également dans la mise en œuvre des recommandations du rapport du modèle de développement, élaboré par la commission dirigée par Chakib Benmoussa, et dans le cadre des engagements du programme gouvernemental. Elle accompagne notamment le lancement d’une nouvelle génération de services publics efficaces, accessibles et basés sur la transformation numérique, ainsi que la nomination d’une ministre dédiée à la transition digitale.
Avant l’arrivée du prochain gouvernement, le ministère de l’Intérieur s’emploie donc à accélérer la numérisation des conseils locaux. L’objectif est de moderniser les procédures, de rendre les services aux citoyens plus rapides et plus efficaces, d’améliorer la qualité des prestations et de renforcer l’efficacité des administrations territoriales tout en stimulant la participation nationale.







