Dialogue social: l’ODT hausse le ton sur les salaires et le pouvoir d’achat

L'ODT manifeste à Rabat.

Revue de presse À l’approche de la session du dialogue social prévue en avril, les centrales syndicales durcissent leurs positions face au gouvernement. L’Organisation démocratique du travail (ODT) réclame des mesures structurelles pour enrayer la dégradation du pouvoir d’achat, dénonçant une politique perçue comme attentiste face à l’inflation et à la cherté de la vie. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 27/03/2026 à 18h14

À l’approche de la session de dialogue social programmée en avril entre le gouvernement et les centrales syndicales, les revendications salariales et les appels à la protection du pouvoir d’achat des citoyens se font à nouveau pressants. L’Organisation démocratique du travail (ODT) a ainsi interpellé les pouvoirs publics afin qu’ils prennent des mesures d’urgence propres à endiguer les effets de la hausse continue des prix.

Le syndicat exige une revalorisation immédiate des salaires et des pensions de retraite, ainsi qu’une révision du cadre juridique régissant les prix, rapporte Al Akhbar de ce week-end (28 et 29 mars). Il justifie ces demandes par l’inquiétante dégradation des conditions sociales, qui menace désormais le pouvoir d’achat de larges franges de la population.

L’ODT dénonce par ailleurs ce qu’elle qualifie de «connivence gouvernementale» après l’augmentation des prix des carburants, fustigeant la mainmise des «cartels» sur le marché en l’absence de mesures fermes de régulation. Cette situation se serait directement répercutée sur le coût de la vie et sur la précarisation croissante des fonctionnaires et des travailleurs.

Pour l’organisation syndicale, la «libération des prix sans plafonnement a généré des profits excessifs pour les entreprises, au détriment du pouvoir d’achat des classes ouvrière et moyenne». Elle critique en outre les dispositifs limités mis en œuvre par l’Exécutif pour soutenir le pouvoir d’achat, qu’elle juge comme de simples «formalités» face à l’accélération de l’inflation.

Le syndicat fustige également le gel des pensions de retraite, qui perdure depuis plusieurs années, ainsi que l’absence d’une véritable justice fiscale, pointant du doigt l’application d’un taux de TVA sur de nombreux produits de première nécessité. Il s’inquiète par ailleurs du Registre social unifié (RSU), qui, selon lui, «n’a pas atteint l’équité escomptée pour les catégories vulnérables. Bien au contraire, ce registre aurait exclu de nombreuses familles éligibles en raison de critères jugés injustes».

Dans ce contexte, l’ODT a appelé le gouvernement à procéder à une augmentation de 20% des salaires dans les secteurs public et privé, ainsi qu’à une révision des pensions de retraite pour les adapter au niveau de l’inflation. Elle insiste également sur la nécessité d’une action législative visant à encadrer les prix, par le biais d’une modification de la loi 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, intégrant un plafonnement légal des marges bénéficiaires, note Al Akhbar.

Enfin, le syndicat plaide pour un renforcement des prérogatives des instances de contrôle, et en premier lieu du Conseil de la concurrence, afin de lutter efficacement contre les pratiques monopolistiques. Il préconise la mise en place de mécanismes rigoureux de contrôle des marchés et appelle à une répression sans complaisance des spéculateurs.

Par Hassan Benadad
Le 27/03/2026 à 18h14