Crise inédite à l’ADS: un syndicat de l’UGTM dénonce le «démantèlement» orchestré par le parti de l’Istiqlal

نعيمة ابن يحيى

Naima Ben Yahia, élue du PI à la Chambre des représentants et ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille.

Revue de presseDans un communiqué d’une sévérité inédite, le syndicat interne de l’Agence de développement social, affilié à l’UGTM, lance une charge frontale contre le ministère de tutelle et la présidence du gouvernement. Accusant un «démantèlement systématique» et «l’instrumentalisation» de l’action publique, ce réquisitoire, publié à l’approche des législatives, dépasse le cadre des revendications catégorielles et interroge les équilibres au sein même du parti de l’Istiqlal (PI). Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 11/01/2026 à 17h48

L’union générale des cadres et employés de l’Agence de développement social (ADS), affiliée à l’UGTM –bras syndical du PI– a rendu public un communiqué de protestation d’une rare virulence. Qualifié de «sans précédent», le document étend le cercle de ses accusations bien au-delà des habituels griefs administratifs.

Le syndicat vise directement le ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, pourtant dirigé par une personnalité istiqlalienne, Naima Ben Yahia, et impute à la présidence du gouvernement la responsabilité de «graves dysfonctionnements», rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 12 janvier. La critique ne se limite pas à des lourdeurs managériales mais dénonce un «démantèlement systématique de l’établissement», une «instrumentalisation idéologique et politique» de son action, ainsi qu’une «protection des réseaux d’influence».

Présenté comme un «cri syndical» pour la dignité des agents et la préservation des deniers publics, ce texte intervient à quelques mois des élections législatives. S’il reprend des revendications classiques (arriérés de paiement, respect des procédures, contrôles), sa portée politique est plus large. L’élargissement des cibles –du ministère de tutelle à la présidence du gouvernement– soulève une interrogation fondamentale: s’agit-il d’un simple différend administratif ou du reflet de fractures politiques plus profondes au sein de la famille istiqlalienne?

Cette interrogation est d’autant plus pertinente que, selon certaines sources, le syndicat auteur du communiqué ne dispose actuellement d’aucune représentativité légale au sein de l’ADS. Son recours à une rhétorique d’escalade médiatique serait donc une stratégie pour obtenir, par la pression, des acquis qu’il ne peut négocier dans le cadre officiel du dialogue social, faute de siège à la table des discussions, indique Al Ahdath Al Maghribia.

La genèse de cette crise semble trouver sa source dans des tensions internes à l’Agence, concernant des dossiers sensibles: questions indemnitaires, attributions régionales, ou encore enquêtes administratives en cours. Le communiqué pourrait ainsi s’analyser comme une tentative d’influencer, de l’extérieur, le cours de ces investigations et la gestion de ces dossiers épineux.

Par Hassan Benadad
Le 11/01/2026 à 17h48