Crédit Suisse: le coffre-fort des dignitaires corrompus du régime algérien

De gauche à droite: Saïd Bouteflika, le frère du président déchu, et Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense.

De gauche à droite: Saïd Bouteflika, le frère du président déchu, et Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense. . DR

Revue de presseKiosque360. Le scandale dans lequel le Crédit Suisse est accusé d’avoir hébergé, pendant de longues années, des fonds issus d’activités illicites, révèle l’importance des richesses amassées par les dignitaires corrompus du régime algérien. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 22/02/2022 à 19h10

Comme s’il fallait encore une preuve, le scandale dans lequel le Crédit Suisse est accusé d’héberger des fonds d'origine criminelle ou illicite, vient une nouvelle fois révéler l’ampleur de la fortune amassée par les dignitaires corrompus du régime algérien, au détriment du peuple de ce pays. Des centaines de millions de dollars ont ainsi été blanchis dans la banque suisse par des personnalités de différents rangs du régime, dont l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Dans son édition du mercredi 23 février, Al Ahdath Al Maghribia revient sur les révélations concernant ce scandale. Pour rappel, le Crédit Suisse est, depuis le week-end dernier, impliqué dans une grande polémique, suite à une enquête journalistique qui montre que l'établissement financier a hébergé des fonds liés au crime et à la corruption plusieurs décennies durant. Et ce, au mépris des règles de vigilance qui s'imposent dans les grandes banques internationales.

Parmi les personnalités identifiées dans cette enquête et qui auraient bénéficié des «largesses» de la banque suisse, figurent plusieurs dignitaires corrompus du régime algérien. Il est ainsi révélé que l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et son très proche frère, Saïd, ont détourné plusieurs millions de dollars vers la banque suisse. Plusieurs généraux de l’armée algérienne, dont l’ancien ministre de la défense Khaled Nezzar, sont également cités parmi les bénéficiaires du Crédit Suisse. Ce dernier aurait ainsi ouvert, auprès de cette banque, deux comptes où étaient déposés des titres valant plus de deux millions de francs suisses.

Comme le rapporte Al Ahdath Al Maghribia, le Crédit Suisse est accusé d’avoir couvert, pendant plusieurs années, les dignitaires corrompus algériens dont il s’était fait dépositaire de la fortune amassée à travers leurs activités illégales. Les données révélées à ce jour font également état de la prévalence de la corruption et des détournements tout au long des périodes de règne des anciens présidents algériens, ce qui aurait coûté aux caisses du pays plusieurs milliards de dollars. Et, selon les mêmes révélations, ajoute le quotidien, il y aurait d’autres patrimoines que ceux transférés depuis l’Algérie, puisque l’enquête impliquant le Crédit Suisse parle aussi d’un patrimoine foncier et de participations dans des sociétés acquises un peu partout dans le monde, principalement en Europe et dans les pays d'Amérique.

Par Fayza Senhaji
Le 22/02/2022 à 19h10