Une tentative de dissidence au sein du RNI, dans la préfecture d’Ain Chok, jette le trouble au sein de la coordination régionale de Casablanca-Settat. Les dirigeants du parti observent, avec une certaine gêne, les manœuvres d’un cadre, désormais considéré comme un fauteur de trouble.
Abdellatif Naciri serait récemment entré en contact, de manière directe ou indirecte, avec des figures politiques établies dans des zones traditionnellement acquises aux partis de la majorité et de l’opposition, tels que le PAM, l’Istiqlal, le MP ou l’USFP, rapporte Assabah de ce lundi 5 janvier. Cette activité, à quelques mois des élections législatives, est perçue comme étant une volonté de rallier un autre parti, semant ainsi le doute sur la solidité de ce bastion électoral du RNI.
L’ascension puis la défection de Abdellatif Naciri révèlent des fractures en interne. Ancien membre du PJD, il avait intégré le RNI sous le parrainage de Mohamed Chafiq Benkirane, membre du bureau politique. Après avoir gravi les échelons jusqu’aux fonctions de deuxième vice-président de l’arrondissement d’Ain Chok et vice-président de la mairie de Casablanca, sa rupture avec son mentor a précipité son départ.
Confronté à cette situation, Mohamed Chafiq Benkirane, président de cet arrondissement, a tenu à minimiser l’impact individuel, affirmant que «le départ de toute personne n’affecte en rien le processus de développement», engagement qu’il qualifie de «collectif et clair». Il a réaffirmé que la gestion de l’arrondissement se voulait «un espace sérieux et responsable, étranger aux manœuvres et aux calculs étroits», promettant de maintenir une logique de «clarté et de fermeté».
Cette sortie ne dissipe cependant pas l’embarras des instances dirigeantes régionales du RNI, qui voient une zone jusqu’alors considérée comme fiable, soudain fragilisée. Des contacts se sont multipliés en interne pour évaluer la situation et préparer une réponse appropriée, dans un climat d’attente où le principal concerné garde un silence stratégique.
La pression retombe également sur la maire de Casablanca, Nabila Rmili (RNI), note Assabah. Ses proches l’exhortent à adopter une position ferme à l’encontre de cet élément, devenu indésirable, d’autant que sa réputation a été entachée par une implication présumée dans un scandale de corruption lié au championnat de la ligue de football. Le fait que Abdellatif Naciri continue malgré tout à participer aux activités officielles et à engager des partenariats au nom de la collectivité exaspère une partie du bureau politique, qui en tient la maire pour responsable.








