Le chef du gouvernement a fait, ce lundi, son apparition à la Chambre des représentants en restant silencieux sur sa décision de quitter la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI), une annonce qu’il avait lui-même formulée la semaine dernière.
En revanche, Aziz Akhannouch, qui intervenait lors de la session mensuelle consacrée à la politique générale de l’Exécutif, a plaidé pour sa stratégie liée à l’économie sociale et solidaire, vivement dénoncée par l’opposition (MP, USFP, PPS et PJD). Les députés de l’opposition ont estimé que ce secteur ne contribue qu’à hauteur de 2% du PIB national.
Après avoir essuyé une pluie de critiques sur cette politique, le chef de l’Exécutif a toutefois réussi à changer de registre en saluant les performances du Maroc dans l’organisation de la 35ème Coupe d’Afrique des nations. «Le Maroc a ébahi tout le monde par ses capacités d’investissement et d’organisation. Et si Brahim Diaz a endossé le maillot national, qu’il sache qu’il est entré dans le cœur des Marocains», a-t-il déclaré, après avoir écouté le réquisitoire de l’opposition sur l’économie solidaire.
Réagissant à cette intervention, le député du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Hassan Oumribat, a estimé que le secteur de l’artisanat traverse une crise majeure au Maroc, notamment en raison de la hausse des prix des matières premières. «Cela décourage les investisseurs et les jeunes de s’engager dans ce secteur, faute d’une stratégie gouvernementale claire», a-t-il souligné.
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Selon lui, le chef du gouvernement a affirmé mettre l’accent sur les femmes à travers le programme «Nissa», mais l’action coopérative ne devrait pas se limiter aux femmes. Elle concerne également les jeunes et les hommes, parties intégrantes des valeurs de solidarité marocaines. Hassan Oumribat ajoute que «nous ignorons qui en bénéficie réellement, car de nombreuses femmes travaillant dans des centaines de coopératives n’ont jamais entendu parler de ce soutien ni n’en ont vu la couleur».
De son côté, Driss Sentissi, chef du groupe parlementaire du Mouvement populaire (MP), a regretté que le chef du gouvernement se soit engagé, lors de la présentation du programme gouvernemental, à faire de l’économie sociale et solidaire «un troisième pilier après les secteurs public et privé», avant de constater l’échec manifeste du gouvernement dans ce domaine. La preuve, selon lui, réside dans le nombre insuffisant de coopératives et d’associations au regard des emplois réellement créés.
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Confirmant à son tour le faible taux de contribution de 2% attribué à l’économie solidaire, Driss Sentissi a estimé que les chiffres avancés par le chef du gouvernement reflètent «davantage des études et des rapports» qu’ils ne traduisent «des retombées positives concrètes pour les Marocains».
Dans son plaidoyer, Aziz Akhannouch avait auparavant évoqué l’existence de 63.000 coopératives au Maroc et un volume d’exportations des produits de l’artisanat atteignant 1,8 milliard de dirhams. Un bilan jugé insuffisant par les partis de l’opposition, qui estiment que la politique solidaire ne profite ni au monde rural ni à la jeunesse.
Entre statistiques revendiquées et réalités contestées, le débat aura surtout mis en lumière un décalage persistant entre l’ambition affichée de l’économie solidaire et son impact concret sur le terrain.








