Au plus fort des controverses entourant le projet de loi portant organisation de la profession d’adoul, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a défendu ses choix législatifs avec fermeté. Intervenant lors d’une journée d’études organisée par le groupement parlementaire du PJD, il a rappelé que la réforme de la justice exigeait des décisions courageuses et une pleine acceptation de la responsabilité politique.
«Le ministre a concédé que les débats parlementaires avaient connu, par moments, certaines tensions, voire des écarts regrettables», rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 8 janvier. Toutefois, il a souligné avec force que toute loi organisant une profession était susceptible de soulever des difficultés. «Le devoir de responsabilité commande précisément de prendre ces décisions et d’en assumer les conséquences. Deux options s’offrent à moi, et deux seulement: soit je demeure un ministre passif, confiné dans mon bureau et me contentant d’inaugurations, soit j’assume ma responsabilité politique en prenant les décisions qui s’imposent», insiste Ouahbi.
Se présentant comme le représentant du gouvernement dans son ensemble, il a affirmé ne travailler qu’avec les institutions prévues par la loi, telle l’Instance nationale des adouls (INA), et non avec des coordinations qu’il a jugées dépourvues de légitimité.
Il a par ailleurs contextualisé son action au sein de l’Exécutif, notant que chaque département ministériel possédait un point de vue sur les questions de justice. «Des divergences d’opinions existent naturellement au sein du gouvernement; c’est la raison pour laquelle je ne peux négocier qu’avec une instance officielle validée par le droit», a-t-il expliqué. Illustrant la nécessité de trouver des équilibres, il a révélé qu’accepter toutes les demandes du président de l’INA aurait conduit à un projet de loi monstrueux de 500 chapitres. «La décision finale, n’émane pas de moi seul, mais de la concertation entre toutes les composantes du gouvernement», précise le ministre.
Ouahbi a enfin dévoilé l’une de ses préoccupations majeures depuis son entrée en fonction: le retrait de la gestion des flux financiers de toutes les instances judiciaires, incluant les adouls, les notaires et les avocats. «Nous avons créé une caisse pour les notaires et nous nous sommes retrouvés avec soixante-dix d’entre eux en prison», a-t-il martelé.
En conclusion, le ministre de la Justice a réaffirmé son attachement absolu à la procédure législative et à la Constitution. «Une autorité veille au domaine religieux, la législation s’élabore au Parlement, et personne ne me tordra le bras lorsque j’exprime mes convictions», a-t-il déclaré.








