Le pouvoir vénézuélien est soumis à une forte pression des États-Unis, qui ont déployé une flottille de guerre dans les Caraïbes et durci les sanctions pétrolières contre le pays, saisissant au moins deux bateaux transportant du brut vénézuélien.
Le président américain a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une intervention des États-Unis au Venezuela. Il a affirmé lundi que son pays avait détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic, ce qui constituerait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.
«Cela peut être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. Très certainement, nous pourrions en discuter d’ici quelques jours», a déclaré M. Maduro à la chaîne publique VTV, lors d’une interview diffusée jeudi, en réponse à une question sur l’absence de confirmation ou de démenti officiel de cette attaque présumée.
«Ce que je peux te dire, c’est que le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix», a-t-il ajouté, s’adressant au journaliste espagnol Ignacio Ramonet, à qui il accorde chaque année une interview diffusée par la télévision publique.
«Quand», «où» et «comme ils veulent»
M. Maduro a également indiqué qu’il n’avait pas eu de deuxième conversation téléphonique — après un premier échange en novembre — avec le président américain, tout en répétant qu’il était toujours «prêt» à discuter avec Washington.
«Le gouvernement des États-Unis le sait: s’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts; s’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt à accueillir des investissements américains, comme avec le groupe pétrolier Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent», a-t-il affirmé.
«Aux États-Unis, ils doivent savoir que, s’ils veulent des accords intégraux de développement économique, c’est aussi possible ici, au Venezuela!», a-t-il insisté, rappelant la coopération récente entre les deux pays sur l’expulsion de migrants vénézuéliens vers leur pays d’origine, un thème prioritaire pour Donald Trump.
«Ce qui s’est passé sur la question des migrants, c’est que nous étions parvenus à un accord (…) Tout fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités américaines ont renoncé à continuer d’envoyer des migrants», a ajouté M. Maduro.
Les vols de rapatriement se sont poursuivis pendant une grande partie de la crise avant que Washington ne les suspende en décembre. «Ils parlent de la question migratoire, mais ce sont eux qui ont suspendu l’accord sur la migration (…) Si un jour il y a de la rationalité et de la diplomatie, ces sujets pourraient parfaitement se discuter», a-t-il conclu.
Libération de prisonniers
Donald Trump accuse Nicolás Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intéressé dément, accusant les États-Unis de vouloir le renverser afin de s’emparer des réserves pétrolières du pays, les plus importantes au monde.
Lire aussi : Trump annonce un blocus américain au Venezuela sur les pétroliers sous sanctions
Gage de bonne volonté ou simple geste de fin d’année? Les autorités vénézuéliennes ont annoncé jeudi la libération de 88 personnes emprisonnées après l’élection présidentielle de 2024, contestée par l’opposition, une semaine après la libération de 99 autres détenus à l’occasion de Noël. Ces personnes restent toutefois sous le coup de procédures judiciaires.
Une mission de l’ONU a récemment souligné que la répression s’était intensifiée ces derniers mois au Venezuela, tandis que l’opposition évoque des «portes tournantes» des prisons, affirmant que les arrestations se poursuivent parallèlement aux libérations.
Selon l’ONG Provea, le pays compterait environ 700 détenus politiques.
Nicolás Maduro a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle de 2024 par le Conseil national électoral (CNE), qui n’a jamais publié les résultats détaillés du scrutin, invoquant une attaque informatique. Les États-Unis, ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale, n’ont pas reconnu sa réélection pour un troisième mandat de six ans.










