Téhéran espère poursuivre les négociations avec Washington, qui affiche sa fermeté

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (au centre), arrive à Mascate pour une réunion. L'Iran et les États-Unis ont entamé des pourparlers le 6 février à Oman. (AFP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré samedi espérer la poursuite prochaine des négociations engagées avec les États-Unis, malgré un contexte marqué par la pression accrue de Washington et la menace persistante d’un recours à la force contre la République islamique.

Le 08/02/2026 à 07h39

Dans le même temps, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est attendu mercredi à Washington, où il entend plaider auprès de Donald Trump pour une ligne plus dure à l’égard de Téhéran. Cette visite intervient au lendemain d’une rencontre tenue vendredi à Oman entre émissaires américains et iraniens — la première depuis les frappes américaines de juin dernier contre des installations nucléaires iraniennes.

Les deux parties ont qualifié ces échanges de «positifs». La réunion s’est déroulée en présence de l’émissaire américain Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Toutefois, l’Iran réaffirme ne pas vouloir transiger sur ses lignes rouges, tandis que les États-Unis ont renforcé leur dispositif de pression, notamment par le déploiement d’une force navale dans le Golfe, le durcissement des sanctions visant le secteur pétrolier iranien et la publication d’un décret prévoyant des droits de douane supplémentaires à l’encontre des pays continuant de commercer avec Téhéran.

Dans un message à forte portée symbolique, Steve Witkoff s’est rendu samedi à bord du porte-avions Abraham Lincoln, navire amiral de la flotte américaine déployée dans le Golfe. Accompagné de l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, ainsi que de Jared Kushner, il a salué les marins et les forces armées, affirmant qu’ils «défendent le message de paix et de force du président Trump».

Donald Trump a, de son côté, multiplié ces derniers mois les menaces d’intervention militaire contre l’Iran, d’abord en réaction à la répression sanglante du mouvement de contestation survenue en janvier, puis afin de contraindre Téhéran à accepter un accord répondant aux exigences américaines, notamment sur le dossier nucléaire.

Poignée de main, mais lignes rouges maintenues

À l’issue de la rencontre d’Oman, le président américain a salué des discussions «très bonnes» et affirmé qu’elles se poursuivraient «au début de la semaine prochaine». Abbas Araghchi, qui avait évoqué une «atmosphère très positive», a pour sa part parlé samedi d’un «bon départ», indiquant qu’un accord avait été trouvé avec Washington pour organiser prochainement une nouvelle session de pourparlers.

Dans un entretien accordé à la chaîne qatarie Al Jazeera, le chef de la diplomatie iranienne a confirmé qu’une «poignée de main» avait eu lieu avec les membres de la délégation américaine, tout en soulignant qu’«un long chemin reste à parcourir pour établir la confiance». Il a réaffirmé le «droit inaliénable» de l’Iran à l’enrichissement nucléaire, tout en se disant disposé à conclure un accord susceptible de «rassurer» les États-Unis sur les intentions de Téhéran.

Il a en revanche exclu toute négociation sur les capacités balistiques de l’Iran, estimant qu’il s’agissait d’un «enjeu de défense nationale» non négociable.

Désaccords persistants

Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément, affirmant que son programme est exclusivement civil. Abbas Araghchi a indiqué que les discussions à Oman avaient porté uniquement sur le nucléaire, alors que Washington estime indispensable d’aborder également le soutien iranien à des groupes armés hostiles à Israël ainsi que le programme de missiles balistiques.

Deux volets «qui doivent impérativement être inclus dans toute négociation», selon Benjamin Netanyahu, dont le bureau a confirmé la visite à Washington. Il s’agira de la sixième rencontre entre le Premier ministre israélien et Donald Trump depuis le retour du républicain à la Maison Blanche, il y a un an.

Si l’Iran constitue un adversaire commun pour les États-Unis et Israël, les analystes soulignent toutefois que la position israélienne demeure plus intransigeante que celle de Washington, qui semble désormais privilégier la voie diplomatique.

Les deux pays avaient déjà engagé des discussions au printemps dernier, sans succès, notamment en raison du désaccord sur l’enrichissement de l’uranium. Ces pourparlers avaient été interrompus par la guerre de douze jours déclenchée en juin à la suite d’une attaque israélienne.

Donald Trump avait alors affirmé que les frappes américaines avaient «anéanti» les capacités nucléaires iraniennes, une évaluation dont l’ampleur réelle reste toutefois incertaine.

Menaces et répression

Le président américain a de nouveau brandi la menace d’une intervention militaire après la répression du mouvement de contestation en Iran en janvier. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, cette répression aurait fait 6.961 morts, principalement parmi les manifestants, et conduit à plus de 51.000 arrestations.

Samedi, Abbas Araghchi a réitéré son avertissement: en cas d’attaque, l’Iran viserait les bases américaines déployées dans la région.

Par Le360 (avec AFP)
Le 08/02/2026 à 07h39