Israël bombarde Téhéran et le Liban, vague d’attaques en Irak

Des décombres jonchent une route à l'endroit même où un raid aérien israélien a ciblé la banlieue sud de Beyrouth, dans le quartier d'al-Kafaat, le 17 mars 2026. AFP or licensors

Israël a annoncé mener mardi des bombardements de grande envergure sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18ème jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l’Irak, théâtre de nombreuses attaques.

Le 17/03/2026 à 08h07

En plus de deux semaines, la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre la République islamique a fait plus de 2.200 morts, en grande majorité en Iran et au Liban, selon les autorités.

L’instabilité géopolitique générée par ce conflit, ainsi que ses conséquences économiques, inquiètent le monde entier et angoissent les marchés, avec des prix du pétrole qui continuent de flirter avec la barre des 100 dollars le baril.

A Bagdad, quatre personnes ont été tuées mardi à l’aube par des tirs de missiles contre une maison du quartier huppé de Jadriya qui, selon une source issue des groupes armés irakiens pro-Téhéran, hébergeait des conseillers iraniens.

L’ambassade des États-Unis dans la capitale irakienne a elle été attaquée deux fois à quelques heures d’intervalle lundi et mardi. Un journaliste de l’AFP a vu la défense antiaérienne intercepter un projectile, et un autre engin tomber sur la représentation diplomatique, avec une volute de fumée noire après une explosion.

Un projectile est également tombé sur le toit d’un hôtel situé dans la même Zone verte ultraprotégée, provoquant un incendie. Et lundi soir, des drones ont visé un des principaux champs pétroliers dans le sud de l’Irak, à l’arrêt et déjà pris pour cible vendredi.

Ces attaques interviennent peu après l’annonce par le groupe armé irakien pro-iranien Brigades du Hezbollah (Kataeb Hezbollah) de la « mort en martyr » de son « responsable sécuritaire » et emblématique porte-parole, Abou Ali al-Askari.

Téhéran et Beyrouth bombardés

Avec la guerre lancée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l’Iran, l’Irak est aspiré par un conflit qu’il voulait éviter à tout prix: les groupes irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains ou des sites pétroliers, et sont visés à leur tour par des frappes américaines ou israéliennes.

Comme au cours des nuits précédentes, Israël a poursuivi tôt mardi ses bombardements au Liban et en Iran. Plusieurs pays du Golfe ont par ailleurs à nouveau fait état d’attaques de drones et de missiles iraniens contre leurs territoires.

Selon l’agence officielle libanaise ANI, des avions israéliens ont bombardé les quartiers de Kafaat et Haret Hreik, dans la banlieue sud de la capitale, et un raid aérien a visé un appartement dans les étages supérieurs d’un immeuble résidentiel d’Aramoun, également au sud de Beyrouth.

Le Hezbollah, de son côté, a affirmé avoir attaqué des soldats et des tanks israéliens dans plusieurs villages du sud du Liban.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis le début des frappes d’Israël sur son voisin libanais, entraîné dans la guerre après une attaque du Hezbollah pour «venger» la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de la campagne israélo-américaine le 28 février.

En Israël, les alarmes ont une nouvelle fois retenti dans la nuit, après la détection par l’armée de missiles lancés vers le pays depuis l’Iran.

L’Iran veut jouer au Mexique

L’Iran continue aussi de cibler ses voisins du Golfe qui abritent bases et intérêts américains.

Des journalistes de l’AFP à Dubaï et à Doha ont entendu de fortes explosions mardi matin.

L’Autorité de l’aviation civile des Emirats arabes unis a brièvement dû fermer l’espace aérien du pays mardi matin et des débris de missile ont fait un mort à Abou Dhabi. Au Qatar, le ministère de la Défense du Qatar a annoncé l’interception d’une attaque de missile.

L’agence maritime britannique UKMTO a rapporté mardi qu’un tanker a été endommagé par un «projectile inconnu» alors qu’il était à l’ancre dans le golfe d’Oman, près du détroit d’Ormuz, sans préciser s’il transportait du pétrole ou un autre hydrocarbure.

Le président américain Donald Trump a manifesté lundi sa frustration face au peu de succès de son appel aux alliés des États-Unis de participer à la sécurisation du détroit, verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre et par où transite en temps normal un cinquième brut et de gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, comme le Premier ministre britannique Keir Starmer ont exclu lundi une opération de l’Otan dans le détroit d’Ormuz. Le Japon et l’Australie, alliés historiques des États-Unis dans la région Asie-Pacifique, ont eux aussi écarté tout envoi de navires de guerre dans la région.

«Depuis 40 ans, nous vous protégeons et vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose de très mineur», a déploré M. Trump, qui n’avait pas consulté ses alliés avant de déclencher la guerre.

Qualifié pour la Coupe du monde de football 2026 l’été prochain, l’Iran, qui doit jouer ses premiers matches à Los Angeles et Seattle et dont le camp de base est censé être situé dans l’Arizona, a dit négocier avec la Fifa pour que ses rencontres soient déplacées vers le Mexique.

«Étant donné que Trump a clairement déclaré ne pas pouvoir garantir la sécurité de l’équipe nationale iranienne, nous ne nous rendrons certainement pas aux États-Unis», a déclaré le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj.

Par Le360 (avec AFP)
Le 17/03/2026 à 08h07