Le monde de la gastronomie marocaine et celui des réseaux sociaux sont en deuil. Kamal Laabi, plus connu du grand public sous le nom de Chef Kimo, est décédé à l’aube de ce jeudi 5 février à Rabat, à l’âge de 57 ans, des suites d’un arrêt cardiaque.
Depuis 2018, Chef Kimo s’était imposé comme l’une des figures les plus populaires de la cuisine marocaine sur les réseaux sociaux. À travers des vidéos de recettes traditionnelles revisitées avec simplicité et créativité, il avait su conquérir une large communauté d’internautes. Son ton chaleureux, son sourire constant et sa proximité avec son public faisaient de chacune de ses publications un moment de convivialité. Son look singulier, caractérisé par des lunettes multicolores, participait à son identité visuelle et renforçait son image d’homme libre, sociable, authentique et passionné.
Mais au-delà de la forme, c’est surtout le fond qui a marqué les esprits. Chef Kimo défendait une vision profondément culturelle et humaine de la cuisine. Pour lui, cuisiner était avant tout un acte de transmission et de mémoire. Les expressions «Allah y rhem lalla» et «Nboussou yedida», devenues emblématiques de ses vidéos, incarnaient son attachement aux racines, au respect des anciens et à la générosité du geste culinaire. Elles étaient reprises par ses abonnés comme un véritable mantra.
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Moins connu du grand public, son héritage artistique familial occupait pourtant une place centrale dans son parcours. Chef Kimo était le petit-fils du grand maître de la musique andalouse marocaine, feu Abdelkrim Raissi. Dès l’âge de 14 ans, il avait rejoint le groupe de son grand-père comme percussionniste. Une discipline exigeante qui a nourri son sens du rythme, de la précision et de l’harmonie, autant de qualités que l’on retrouvait également dans sa manière d’aborder la cuisine.
Cette passion culinaire, il la devait avant tout à sa mère. Invité en 2023 sur le plateau du Morning de Momo sur Hit Radio, il racontait avec émotion ses premiers souvenirs en cuisine: «Ma mère m’a transmis le goût de la gastronomie. J’avais 7 ans lorsque j’entrais en cuisine avec elle. Elle me confiait la friture des poivrons et des aubergines. Je recevais souvent des gouttelettes d’huile brûlante sur le visage», se souvenait-il, mêlant humour et tendresse.
Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes, chefs, créateurs de contenus et anonymes saluent son rôle majeur dans la valorisation de la cuisine marocaine traditionnelle à l’ère du numérique. Chef Kimo laisse derrière lui bien plus que des recettes: un héritage fait de générosité, de transmission et d’amour pour la culture marocaine.







