Injections amaigrissantes: la reprise de poids, l’envers du miracle

Serena Williams, star du tennis, est devenu l'un des nouveaux visages des médicaments analogues au GLP-1, utilisés pour maigrir.

Serena Williams, star du tennis, est devenue l'un des nouveaux visages des médicaments analogues au GLP-1, utilisés pour maigrir.

Maigrir en un temps records et sans efforts, un rêve que de nombreuses personnes caressent devenu réalisable en recourant aux injections amaigrissantes de médicaments analogues du GLP-1, dont le plus connu reste l’Ozempic. Mais que se passe-t-il une fois le traitement terminé? Une nouvelle étude apporte de nouvelles données sur ces traitements en vogue et met en garde les patients.

Le 09/01/2026 à 17h20

Depuis quelques années, les injections amaigrissantes sont devenues une (dangereuse) mode. Après avoir fait des émules à Hollywood, où de nombreuses stars se sont inscrites dans la mouvance de l’Ozempic, du Wegovy et, de manière générale, de médicaments appelés analogues du GLP-1, une hormone naturelle produite par l’intestin qui régule le taux de sucre sanguin et l’appétit, stimule la sécrétion d’insuline, ralentit la vidange gastrique et augmente la satiété, ce qui mène à une diminution de la prise alimentaire. Figure de proue de ce nouveau phénomène, la star du tennis Serena Williams qui a fait la promotion de ce type de médicaments aux États-Unis après avoir perdu 14 kilos en y recourant.

Prescrits sous ordonnance, ces médicaments favorisent la perte de poids en réduisant la faim et les envies, grâce à leur action sur le pancréas, l’estomac et le cerveau pour un meilleur contrôle glycémique et une aide à la perte de poids. Toutefois, nombreux sont les professionnels de la santé à avoir dénoncé les conséquences néfastes pour la santé de ce type d’injection. Parmi celles-ci, nausées, vomissements, diarrhée, constipation, douleurs abdominales, ballonnements et flatulences, dus au ralentissement de la vidange gastrique. D’autres effets incluent maux de tête, fatigue, vertiges. Des effets plus rares mais sérieux comme la pancréatite, des problèmes de vésicule biliaire, la déshydratation sont aussi à signaler.

Mais qu’en est-il de l’après traitement? Une nouvelle étude de l’Université d’Oxford répond à la question en se penchant cette fois-ci sur les effets des injections à base de GLP-1, et alerte sur le fait que les patients qui arrêtent leur traitement reprennent non seulement tout le poids perdu en moins de deux ans, mais perdent aussi les bénéfices cardio-vasculaires de la perte de poids.

En se basant sur les résultats de 37 études portant sur plus de 9.300 participants, les chercheurs ont en effet constaté que le poids perdu «grâce» à ces injections était repris à un rythme moyen de 0,4 kg par mois après l’arrêt du traitement. Ainsi, si les patients perdaient en moyenne 8,3 kg pendant le traitement, ils reprenaient 4,8 kg au cours de la première année suivant le traitement.

Par ailleurs, si la perte de poids s’associe dans un premier temps à une amélioration de la santé cardiovasculaire et métabolique, comme le taux de cholestérol et la tension artérielle, l’arrêt du traitement provoque le retour à leur niveau initial de ces indicateurs de santé dans les 1,4 ans qui suivent.

Enfin, les chercheurs ont pu constater que le rythme de la reprise de poids suite à ces injections était quatre fois plus rapide qu’après l’arrêt de programmes diététiques comportementaux basés sur une modification du régime alimentaire et de l’exercice. «Ces traitements transforment la prise en charge de l’obésité, mais leur efficacité à long terme dépend d’un accompagnement complet, incluant régime, activité physique et soutien psychologique», explique ainsi le docteur Sam West, co‑auteur de l’étude, au journal The Guardian, soulignant ainsi la nature récidivante de l’obésité et l’importance de l’encadrement de ce type de médicaments dans le cadre d’un programme structuré déployé dans le temps, afin de réduire notamment le risque de reprise rapide de poids.

Par La Rédaction
Le 09/01/2026 à 17h20