Secteur bancaire: résilience confirmée face aux risques

Le siège de Bank Al-Maghrib, à Rabat.
Le siège de Bank Al-Maghrib, à Rabat. . Le360 : Adil Gadrouz

Selon la Banque centrale, le secteur bancaire fait preuve d’une résilience rassurante, mais reste vulnérable aux chocs potentiels susceptibles d’impacter la qualité du crédit de leurs plus grandes contreparties, à savoir les clients grands comptes.

Le 14/07/2016 à 08h44

Seule la défaillance brusque de grands clients peut menacer la stabilité du secteur bancaire. C’est en gros ce qui ressort de l’analyse faite par Bank Al-Maghrib dans son dernier rapport sur la stabilité financière au Maroc.

Pour la banque centrale, le secteur bancaire fait preuve d’une résilience rassurante, mais reste vulnérable aux chocs potentiels susceptibles d’impacter la qualité du crédit de leurs plus grandes contreparties.

Comprenez par cela que seule la multiplication de défaillances comme celle qu’a connu le raffineur Samir par exemple, pour déstabiliser les banques marocaines. Hormis ce risque, et malgré une conjoncture économique difficile, il n’y a pas de craintes spécifiques à avoir sur le secteur.

En effet, dans son rapport, la Banque centrale précise que les fonds propres des banques et leurs coussins de liquidité se sont renforcés en 2015. Le ratio moyen de fonds propres s’est ainsi établi à 13,7% et celui des fonds propres de catégorie 1 à 11,8%. De même, leur liquidité s’est nettement redressée, en liaison essentiellement avec le renforcement des réserves de change. Le recours aux avances de Bank Al-Maghrib s’est réduit à un montant de 35 milliards de DH en moyenne au lieu de 55 milliards une année auparavant.

«Les bons fondamentaux du secteur bancaire ont été globalement confirmés par les résultats des exercices de stress tests», ajoute Bank Al-Maghrib. Ces résultats soulignent la capacité des banques à absorber des chocs macroéconomiques plausibles. De même, le risque de contagion reflétant l’exposition des banques à leurs filiales implantées à l’étranger, notamment en Afrique, demeure faible.

Il y a lieu de rappeler que malgré cette résilience et face à une montée sans précédent des créances en souffrance, la Banque centrale a engagé un projet de réforme qui fixe les éléments d’information minimums devant être requis par les établissements de crédit dans le cadre de l’instruction et la surveillance des dossiers de crédit, particulièrement des clients relevant de groupes cumulant une dette bancaire supérieure ou égale à 500 millions de DH. Ces éléments portent sur les comptes consolidés du groupe certifiés par des commissaires aux comptes, la dette bancaire du groupe ainsi que la dette privée des contreparties du groupe, y compris les émissions futures envisagées. La réforme requiert également des établissements de crédit de consulter préalablement à l’octroi de crédits un rapport de solvabilité sur le groupe d’entreprises.

Afin d’assurer une meilleure application de ces dispositions, une pondération de 150% au lieu de 100%, sera appliquée aux expositions des établissements de crédit sur les groupes pour lesquels l’information financière n’est pas conforme aux exigences édictées par cette réforme. La mise en application de la majoration de la pondération interviendra progressivement de 2016 à 2018.

Par Younès Tantaoui
Le 14/07/2016 à 08h44